Exposition évènement : Planet or Plastic ?

Vivre à l’ère du plastique

L’exposition relate les dessous de l’histoire du plastique, depuis son invention il y a un siècle jusqu’à notre consommation de masse actuelle, à travers un récit visuel s’appuyant sur une imagerie puissante et fascinante composée de photographies, d’infographies et de vidéos.

© National Geographic

Ce matériau artificiel a révolutionné la médecine, facilité la conquête spatiale, permis de prolonger la durée de conservation des aliments frais, d’acheminer l’eau potable dans les zones qui en sont privées et sauve des vies lorsqu’il est incorporé dans la fabrication des airbags et casques de protection. Face à son utilité et ses avantages incontestables : une quantité exorbitante de déchets plastiques non recyclés et éliminés improprement, avoisinant les 6,3 billion de tonnes.

On retrouve les déchets plastiques dans tout l’Océan, de l’Arctique à l’Antarctique, autant sur la surface des eaux que dans les fonds marins. On signale des centaines d’espèces d’animaux marins ayant ingéré ces déchets ou qui en ont été faits prisonniers ; ajoutons à cela l’impact négatif sur nos écosystèmes et notre environnement. «Planet or Plastic ? » insiste sur l’importance de trouver un équilibre entre l’usage du plastique et la protection de l’environnement. Elle offre aussi au visiteur des conseils pratiques à mettre en œuvre au quotidien, pour une consommation raisonnée du plastique en réduisant sa consommation, en réutilisant, en recyclant et en évitant les plastiques à usage unique.

© National Geographic

Une initiative internationale pour sensibiliser le public

Le plastique est devenu un matériau à tel point banal dans nos vies que c’est à peine si nous en percevons notre dépendance. L’exposition « Planet or Plastic ? » de National Geographic a pour ambition de renverser cet état de fait en pointant du doigt la crise mondiale des déchets plastiques tout en mettant sur le devant de la scène les innovations apportant des solutions face à l’urgence de la situation.

L’exposition s’appuie sur une initiative internationale portée depuis plusieurs années par National Geographic et visant à sensibiliser les publics sur la crise pour réduire l’emploi des plastiques à usage unique qui s’échouent dans l’Océan.

« Planet or Plastic ? » sera présentée au Musée Mer Marine à partir du 8 juin 2022.

© National Geographic

Pour Noël offrez bien plus qu’un simple cadeau, offrez de...

Choisissez le message que vous souhaitez parmi nos quatre modèles de cartes, un message qui fera plaisir à coup sûr ! 

La carte offre l’accès au parcours permanent du musée et est valable pour une durée d’un an à partir de sa date d’émission. 

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Nos cartes sont imprimables et téléchargeables juste ici,
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Le phare de Cordouan au patrimoine mondial de l’UNESCO

Veilleur de l’estuaire de la Gironde, le phare de Cordouan est l’un des monuments les plus emblématiques du patrimoine maritime français. Joyau d’architecture érigé en pleine mer, il sert depuis le XVIIème siècle de signal aux navires naviguant dans l’Estuaire.

Le site est aujourd’hui membre de la liste de plus de 1129 lieux emblématiques du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le phare de Cordouan, illuminé par le Musée Mer Marine 

Il y a quelques mois, en l’honneur de la candidature du phare de Cordan à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, le Musée Mer Marine organisait un événement inédit.

Durant une journée entière, Norbert Fradin, fondateur du Musée, organisait, en partenariat avec le Syndicat Mixte pour le Développement Durable de l’Estuaire (SMIDDEST) et la Direction Interrégionale de la Mer Sud-Atlantique (DIRM SA), une journée dédiée au « Roi des Phares ».

Dans l’idée de partager ce patrimoine d’exception avec le public bordelais, l’événement était ponctué de conférences-débats autour de la découverte du Phare et de son environnement. Un spectacle musical pour petits et grands a aussi pris vie au sein du Musée, une lecture contée par les comédiens Loïc Richard et Isabelle Trancart, accompagnés par l’accordéon d’Esther Brayer, soliste à l’Opéra National de Bordeaux.

Plus d’une centaine de personnes se sont jointes à cette belle manifestation durant laquelle une exposition originale en déambulation libre et un espace librairie, dédié au Phare, étaient aménagés en partenariat avec La Machine à lire.

Le Musée Mer Marine est fier que le dernier phare habité de France, rempli d’histoires, se soit hissé dans le classement prestigieux du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Une maquette du phare est présente au sein du parcours permanent du Musée

À l’origine, l’estuaire de la Gironde était un véritable cimetière marin. Alors, pour permettre aux navires de rejoindre ou de quitter le port de Bordeaux, le Prince d’Aquitaine, Edouard de Woodstock, construit sur l’île de Cordouan une tour à feu, appelée la « Tour du Prince Noir ». Chaque nuit, un ermite allume un grand feu au sommet de la tour pour guider les marins.

La Tour du Prince Noir tombant en ruine, c’est en 1584 que le roi Henri III confie à l’architecte Louis de Foix la construction du grand phare. En 1611, 27 ans après le début des travaux, la construction s’achève enfin. L’architecte Louis de Foix meurt avant d’avoir vu son oeuvre terminée.

À la fin du XVIIIe siècle, des travaux de surélévation sont menés à bien par l’architecte de la ville de Bordeaux, Joseph Teulère, donnant à Cordouan sa forme actuelle.

Aujourd’hui, le phare de Cordouan n’a rien perdu de sa fonction initiale et continue de servir de repère aux marins navigant dans l’estuaire de la Gironde. Il est aussi devenu un haut lieu du tourisme, où il est possible de visiter l’appartement du roi, les décors de la chapelle Notre-Dame de Cordouan ou encore 311 marches menant à la lanterne qui culmine à 68 mètres de hauteur.

Et si on rêvait d’un phare ?

Cordouan prend ses quartiers au Musée Mer Marine du 1e au 6 septembre 2020

Du 1e au 6 septembre, les visiteurs pourront découvrir une exposition dans le hall d’accueil et un espace thématique dans le parcours permanent du musée, en partenariat avec le Grand Port Maritime de Bordeaux.


Dimanche 6 septembre 2020 : une journée Phare !

Une journée d’exception, dédiée au phare de Cordouan, site candidat à l’inscription sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO, est organisée au Musée Mer Marine, en partenariat avec le Syndicat Mixte pour le Développement Durable de l’Estuaire (SMIDDEST) et la Direction Interrégionale de la Mer Sud-Atlantique (DIRM SA).


Trois conférences-débats dans l’auditorium

Animées par Rodolphe Martinez (France Bleu Gironde) et Gaëlle Richard (Sud Ouest).

« Cordouan, phare des rois et roi des phares » avec Vincent Guigueno (Conservateur en chef du patrimoine) et Jacques Péret (historien).

« Cordouan et l’estuaire, entre danger et fascination », avec Guillaume Blondet (pilote de l’estuaire), Yves Parlier (navigateur) et Michel Pétuaud-Létang (architecte).

« L’aventure Cordouan : découvrir aujourd’hui un phare patrimonial », avec Éric Banel (Directeur interrégional de la mer Sud-Atlantique), Pierre Bouchilloux (cinéaste) et Françoise de Roffignac (Présidente du SMIDDEST).



Deux représentations d’un spectacle musical

Le Pirate et le Gardien de Phare, lecture contée par trois artistes du collectif le PAGE, Loïc Richard et Isabelle Trancart, comédiens, et à l’accordéon Esther Brayer, soliste à l’ONBA



Des ateliers pour enfants

Avec des construction de maquette, des concours de dessin.



Un espace librairie

Un espace dédié au phare, en partenariat avec La Machine à lire



Enfin, les plus chanceux pourront remporter des places leur permettant d’aller visiter Cordouan grâce à un jeu-concours !




Informations pratiques

Musée Mer Marine

89 rue des Étrangers – 33 300 Bordeaux

Accès gratuit à l’auditorium, à l’exposition et aux ateliers pour enfants dans le hall.

Le parcours permanent du Musée Mer Marine est accessible aux tarifs habituels.

Infos et renseignements auprès de l’accueil du Musée : 05.57.19.77.73.


Nota : l’accès à la manifestation se fera dans le respect des règles sanitaires en vigueur (port du masque obligatoire).

Le FIDOM dans le Sud Ouest

Le Sud Ouest parle du Festival International du Documentaire Maritime qui prend vie au Musée.

Les conférences sur Tintin par le Sud Ouest

Le Journal Sud-Ouest a fait un sujet sur les conférence qui ont eu lieu sur Tintin, les paquebots et la musique.

Conférences organisées par les Pélicans Noirs, le Collectif le PAGE et les Amis du Musée Mer Marine de Bordeaux.

Le FIDOM dans l’Agenda de Bordeaux


L’agenda bordelais Bordeaux.fr intègre dans son Agenda Culture et Loisir le Festival International du Documentaire Maritime qui prend vie au Musée.


Espace « 100 millions d’années sous les mers » sur l’Agenda de...


L’agenda bordelais Bordeaux.fr intègre dans son Agenda Culture et Loisir l’Espace du Musée dédié aux fossiles retrouvés dans les montagnes du Liban.

L’espace est a découvrir dans le cadre du parcours permanent du MMM.

Voeux MMM 2021

Les temps forts de 2020

L’année 2020 se termine et de nouveaux horizons se profilent. Pour l’occasion, on vous a préparé un petit florilège en images de quelques temps forts partagés avec vous cette année. ?

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Who should be scared ?

On  commence l’année avec l’oeuvre emblématique qui trône sur le parvis du MMM, « Who should be scared ? », réalisée par Philippe Pasqua. Parée d’un somptueux éclairage de nuit, cette sculpture monumentale dénonce la tuerie dont les requins sont victimes.

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Accueil de Titouan Lamazou

Le fondateur du musée Norbert Fradin reçoit le navigateur et artiste Titouan Lamazou dans l’espace qui lui est consacré au musée.

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Le FIDOM

Fin janvier, le MMM se met aux couleurs du Festival International du Documentaire Maritime (FIDOM) ! Pour la première édition, Michel Rousseville reçoit le grand prix du jury pour « Femmes au long cours », des mains de Stephan Delaux et de Thierry Simon. Le rendez-vous est donné, la 2e édition se tiendra du 28 au 31 janvier 2021 !

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Une nouvelle exposition temporaire : Da Vinci

2020 au MMM c’est aussi la grande exposition consacrée à Léonard de Vinci et à ses inventions de génie ! 
Norbert Fradin, fondateur du MMM, interviewé lors de la conférence de presse pour le lancement de l’exposition. 

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Black History Month

Pour l’ouverture du Black History Month, le MMM reçoit la championne de boxe Aya Cissoko !
Animé par Karfa Diallo, un débat se tient dans l’auditorium du musée entre Aya Cissoko et la journaliste Judith Perrignon.
Dans le cadre du Black History Month, le MMM accueille également l’exposition « Entre les cordes » de Lauranne Simpere, en partenariat avec la société Douze Films !

Lancement des Amis du MMM

Accueil du Tonneau de JJ Savin

Il a traversé l’Atlantique sans moyen de propulsion, en dérivant pendant 4 mois : le tonneau de Jean-Jacques Savin rejoint les collections du MMM !

Le 1er confinement en mars

En mars survient le confinement destiné à enrayer la crise sanitaire. Le MMM ferme ses portes pour une durée alors indéterminée.

La restauration du Cupidon Fou continue

Mais le musée poursuit ses missions en faveur de la sauvegarde du patrimoine et les équipes en télétravail font le point sur les travaux de restauration en cours ; parmi les plus importants chantiers que le MMM a lancés, il y a le projet de ramener le Cupidon Fou à la vie ! Construit à Lormont en 1929, ce bateau de plaisance est le quatrième des cinq 6MJI nommés Cupidon ayant appartenus au baron Philippe de Rothschild. Classé monument historique depuis 2011, membre éminent des collections du MMM, il est confié aux bons soins de l’Association Hermione La Fayette et de l’entreprise de charpente marine Despierres de La Rochelle.

Réouverture du MMM et accueil parascolaire

En mai, le MMM peut rouvrir ses portes et accueillir l’un de ses publics de prédilection : les enfants ! En partenariat avec la Mairie de Bordeaux, le musée propose des visites animées dans le cadre d’un accueil parascolaire destiné à soulager les écoles dans cette période de déconfinement. C’est aussi et surtout le meilleur moyen de ramener les plus jeunes à des activités culturelles et créatives en dehors de la maison !

La seconde vie du Petit Mousse

World Selfie Day

Nous avons 1 an !

À l’occasion des 1 an du musée, une conférencière de haut vol a offert aux visiteurs un voyage dans l’histoire de la Marine royale française, au coeur même des collections ! Caroline Le Mao, maître de conférences en histoire moderne à l’Université Bordeaux Montaigne, fait partie de l’Association des Amis du MMM.
 La fête n’aurait pas été aussi belle sans musique : Alexis Descharmes au violoncelle et Esther Brayer à la contrebasse ont fait résonner leurs instruments au milieu des collections antiques du MMM.

Soutien de la candidature du Phare de Cordouan à l’UNESCO

Ce fut l’un des moments phare de l’année ! À la rentrée, le MMM a réuni son public pour soutenir la candidature du Phare de Cordouan à l’inscription sur la liste du Patrimoine Mondiale de l’Unesco. 
Des conférenciers passionnants, comme le navigateur Yves Parlier, le pilote de la Gironde Guillaume Blondet et l’architecte Michel Pétuaud-Létang ont parlé de ce monument exceptionnel et de la navigation sur ce site entre estuaire et océan.
De gauche à droite : Françoise de Roffignac (présidente du SMIDDEST), Eric Banel (Directeur Interrégional de la mer sud-atlantique), Pierre Hurmic (Maire de Bordeaux) et Norbert Fradin (Fondateur du Musée Mer Marine)
Entre chaque table ronde, les visiteurs ont pu profité du spectacle musical pour grands et petits proposé par le Collectif Le PAGE (Esther Brayer, Loïc Richard et Isabelle Trancart), intitulé « Le Pirate et le Gardien de Phare » 
Les enfants ont également pu laisser leurs talents s’exprimer, avec un atelier de construction de maquettes de phare !

Nouvelle exposition : Les Yeux dans le Bleu

L’automne voit arriver l’ouverture de l’étage « Planète Océan », avec la nouvelle exposition temporaire du Musée Mer Marine : Les Yeux dans le Bleu. Réalisée en partenariat avec Spero Mare, l’association pour la sauvegarde des océans d’Estelle Lefébure et de Géraldine Parodi, cette exposition présente notamment les photographies sous-marines de Rodolphe Guignard.
Conçue pour célébrer la beauté des fonds marins, l’exposition sensibilise également le public aux dangers qui menacent les océans et propose des conseils pour contribuer chacun à notre échelle à leur sauvegarde.
Estelle Lefébure, fondatrice de Spero Mare, est interviewée lors de la conférence de presse de lancement de l’exposition.
De gauche à droite : Géraldine Parodi, Rodolphe Guignard, Norbert Fradin et Estelle Lefébure

2e confinement et signature de l’artiste Rancinan

Les jours avant le 2e confinement seront marqués par un dernier moment de grâce : la signature du tirage du Radeau des Illusions réalisé par Gérard Rancinan pour le Musée Mer Marine. Cette oeuvre emblématique de notre époque, évoquant les errances et les espoirs déçus des migrants en Méditerranée, est l’une des dernières à rejoindre les collections du MMM en 2020.

La Nuit Européenne des Musées

En Novembre, et malgré un second confinement, nos équipes ont tout fait pour vous faire vivre la Nuit Européenne des Musées, comme ici Claire Fradin qui nous parle des monstres marins. ?

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À l’année prochaine pour de nouvelles aventures ! ?

Carte cadeau MMM

Les mesures gouvernementales de lutte contre la propagation du Coronavirus, nous empêchent de vous ouvrir nos portes pour le moment, mais, nous avons décidé de vous faire plaisir autrement. ?


? Pour les fêtes de Noël, nous vous proposons une carte cadeau pour une visite au Musée Mer Marine. ?


? Nos cartes cadeaux sont disponibles ici !


Et comme un cadeau n’arrive jamais seul vous pouvez télécharger un de nos modèles de cartes pour le mettre sus le sapin ! ?


Télécharger les modèles

Le radeau des illusions

Vous connaissez le fameux « radeau de la méduse » du peintre Géricault, l’un des tableau les plus célèbre au monde et figure de proue (sans mauvais jeu de mot) du romantisme français ? 

Mais connaissez-vous « Le radeau des illusions » sa ré-interpretation par Gérard Rancinan. 

Et connaissez-vous Gérard Rancinan ? Si son nom ne vous parle peut-être pas de prime abord vous avez sans doute déjà vu une de ses photos, un de ses portraits ou une de ses oeuvres en une de magasines tels que Paris Match, Life magazine ou encore du Times Magazine. 

Ce jour, Norbert Fradin (fondateur du Musée Mer Marine) et Gérard Rancinan ont inauguré cette nouvelle oeuvre au premier étage du Musée Mer Marine qui nous confronte à une réalité beaucoup plus sombre et bien trop souvent oubliée ; Celle de milliers de migrants qui, quotidiennement, tentent de traverser la mer Méditerranée sur des embarcations bien souvent trop chargées et qui malheureusement n’atteindront jamais le rivage. 

N’hésitez pas a venir porter ce message plein de sens au Musée Mer Marine.

Exposition Bordeaux, « Les yeux dans le bleu » dans Gala

Le magazine Gala a fait un sujet sur l’exposition « Les Yeux dans le bleu » pensée par Rodolphe Guignard en partenariat avec l’association SPERO MARE fondée par Estelle Lefebure et Géraldine Parodi.

L’exposition est a découvrir dans l’espace Planète Océan intégré au parcours permanent du MMM.

Exposition Les Yeux dans le Bleu

MER & OCÉAN, le magazine des mers et des océans a fait un sujet sur l’exposition « Les Yeux dans le bleu » pensée par Rodolphe Guignard en partenariat avec l’association SPERO MARE fondée par Estelle Lefebure et Géraldine Parodi.

L’exposition est a découvrir dans l’espace Planète Océan intégré au parcours permanent du MMM.

Marseille vu par Estelle Lefébure

MADAME FIGARO a fait un sujet sur l’exposition « Les Yeux dans le bleu » pensée par Rodolphe Guignard en partenariat avec l’association SPERO MARE fondée par Estelle Lefebure et Géraldine Parodi.

L’exposition est a découvrir dans l’espace Planète Océan intégré au parcours permanent du MMM.

Exposition Les Yeux dans le Bleu

SOLCITO a fait un sujet sur l’exposition « Les Yeux dans le bleu » pensée par Rodolphe Guignard en partenariat avec l’association SPERO MARE fondée par Estelle Lefebure et Géraldine Parodi.

L’exposition est a découvrir dans l’espace Planète Océan intégré au parcours permanent du MMM.

Exposition Les Yeux dans le Bleu

UN AIR DE BORDEAUX a fait un sujet sur l’exposition « Les Yeux dans le bleu » pensée par Rodolphe Guignard en partenariat avec l’association SPERO MARE fondée par Estelle Lefebure et Géraldine Parodi.

L’exposition est a découvrir dans l’espace Planète Océan intégré au parcours permanent du MMM.

Exposition Les Yeux dans le Bleu

QUOI FAIRE À BORDEAUX a fait un sujet sur l’exposition « Les Yeux dans le bleu » pensée par Rodolphe Guignard en partenariat avec l’association SPERO MARE fondée par Estelle Lefebure et Géraldine Parodi.

L’exposition est a découvrir dans l’espace Planète Océan intégré au parcours permanent du MMM.

Exposition Les Yeux dans le Bleu

USHUAÏA TV a fait un sujet sur l’exposition « Les Yeux dans le bleu » pensée par Rodolphe Guignard en partenariat avec l’association SPERO MARE fondée par Estelle Lefebure et Géraldine Parodi.

L’exposition est a découvrir dans l’espace Planète Océan intégré au parcours permanent du MMM.

Quatuor Akilone au Musée Mer Marine : Promesses tenues

Le Sud Ouest parle du concerto du Quatuor AKILONE qui à eu lieu le 07 octobre 2020.

Reportage télévisé

L’émission de télévision française 50′ Inside a fait un sujet sur l’exposition « Les Yeux dans le bleu » pensée par Rodolphe Guignard en partenariat avec l’association SPERO MARE fondée par Estelle Lefebure et Géraldine Parodi.

L’exposition est a découvrir dans l’espace Planète Océan intégré au parcours permanent du MMM.

Revivez « Sempé en liberté » – Ép. 5

Épisode 5 : Petits et grands rêves, douce mélancolie


S’il continue à poser un regard ironique mais bienveillant sur son époque et ses contemporains, Sempé ajoute peu à peu la douceur de l’aquarelle et des larmes de poésie à sa palette notamment pour rendre hommage aux musiciens.





Le sociologue flirte avec la philosophie, le « je ne sais quoi et le presque rien » qui ponctuent nos existences. Le trait, qui estompe la réalité, s’allège pour saisir la grâce d’un chat endormi, le charme d’une jeune ballerine, ou l’insouciance d’un groupe d’enfants sur la plage. Chaque dessin, où toute légende a disparu, prend l’allure et la force d’une brève nouvelle, d’un haïku ingénu, ou d’une fable sensible. Libre au lecteur d’imaginer les petits et grands rêves dissimulés derrière ces instantanés où sourd une douce mélancolie indulgente.



Le directeur du New Yorker, monsieur Shawn, ne s’y trompe pas, qui publie,en 1978, un dessin de Sempé à la Une du magazine. Depuis, Sempé a réalisé plus de cent couvertures pour le New Yorker. Le dessinateur y scrute au plus juste et avec tendresse des instants fugaces où s’entremêlent l’humour, le rêve et la poésie.

Accueil Parascolaire au MMM



Le Musée Mer Marine est heureux de vous proposer 4 types d’activités pour tous les niveaux.


Visite / Atelier : « Il était une fois les monstres marins »

Une plongée dans l’imaginaire lié à la mer, à travers 3 exemples de créatures célèbres : les sirènes, le mégalodon et le Kraken.

Cette visite, ponctuée par la lecture de contes mis en regard des oeuvres du musée, est suivie dans un second temps d’un atelier au cours duquel les enfants dessinent leurs propres monstres marins.

*Adapté à tous les niveaux


Visite ludique et éducative : Découverte de l’histoire de la navigation

Du CP au CE2 :

Un parcours ludique pour les jeunes moussaillons prêts à embarquer avec les grands héros des mers, de l’explorateur de territoires inconnus au commandant d’un porte-avions, en passant par les pirates et les grandes figures de la course au large. Une deuxième partie donne à voir la beauté et la fragilité des océans, un univers menacé qu’il faut apprendre à protéger.


La visite s’accompagne d’un carnet de voyage à remplir, avec l’aide du médiateur.


Du CM1 au CM2 :

Des batailles navales de l’Antiquité aux grandes migrations vers l’Amérique, en passant par les expéditions ayant porté les Lumières sur mer au XVIIIe siècle, cette grande épopée de la navigation s’appuie sur les importantes ressources historiques du Musée Mer Marine. L’exposition « Paradoxes » aborde dans un second temps les problématiques de développement durable liées aux mers et aux océans, à travers les oeuvres engagées de grands artistes contemporains.

La visite s’accompagne d’un carnet de voyage à remplir, avec l’aide du médiateur.


Visite / Atelier : «À la recherche du 7e continent»

Cette visite a pour but de comprendre la fragile beauté du milieu aquatique, à la fois important (en terme d’étendue géographique et de biodiversité) et pourtant menacé par l’activité humaine (sur-pêche et réchauffement climatique).

Puis les enfants sont invités à jouer à un jeu de cartes qui montrent la nature, la durée de vie et le traitement des déchets à l’origine de la formation d’un « 7e continent ».

Enfin cette visite se conclue par un temps de réflexion sur les solutions possibles à apporter à cette problématique actuelle.

*Adapté à tous les niveaux


Les inventions de Da Vinci (exposition temporaire)

Une découverte interactive des plus étonnantes inventions de Léonard de Vinci, avec des maquettes à actionner qui permettent de comprendre les débuts de la mécanique et de l’automatisation (Seul le médiateur actionnera les maquettes afin de limiter les contacts).

*Adapté à tous les niveaux

Revivez "Sempé en liberté" – Ép. 4

Épisode 4 : La comédie humaine, scènes de la vie ordinaire


Au fil des ans, le travail de Sempé évolue. Très vite, et quel que soit le thème abordé, l’humour n’est plus le seul objectif du dessin. Le choix du contexte, la dimension du décor, le traitement des détails proposent un regard plus profond sur la société.






Le contraste entre l’infiniment grand et l’infiniment petit produit une situation cocasse sans que soient condamnées ceux qui la créent ou la subissent. Hanté par la chose très ordinaire qu’est le décalage entre le petit être humain et les problèmes qui se posent à lui, Sempé invite à savourer le contraste entre un univers illimité et notre esprit étriqué. Mais, quand d’autres préfèrent le cynisme, il regarde le monde avec un optimisme mélancolique qui se garde de blâmer et se contente de suggérer, confiant en la sagacité du lecteur.


Le dessin provoque le sourire en proposant, mine de rien, de réfléchir et de méditer sur la complexité des rapports humains. Indifférent aux modes, étranger à la satire politique et à la caricature ricaneuse qui sourd dans de nouveaux journaux, il ausculte le corps social avec compassion mais sans apitoiement. Le « petit bonhomme de Sempé » devient emblème de nos fragilités. En quarante albums, de 1962 à 2018, le dessinateur de presse s’impose comme le dessinateur humoriste qui nous offre le joyeux et salutaire miroir de nos comportements, pensées, faiblesses et balourdises.

Revivez « Sempé en Liberté » – Ep. 3

Épisode 3 : L’air du temps, délicats décalages


Grâce au relatif succès du Petit Nicolas et alors qu’Alex Grall publie en 1962 son premier album de dessins humoristes, Rien n’est simple chez Denoël, Sempé s’installe rive gauche. Entre Montparnasse et St Germain des prés, souvent à vélo, il hume le climat de ce Paris qui l’éblouit et promène sa jeunesse séduisante dans des lieux qui l’épatent et le surprennent.




Paris devient vite le cadre d’un très grand nombre de dessins : Sempé saisit avec délectation la poésie d’un autobus à plate-forme, ou les courbes gracieuses du pont des arts. En 1965, Françoise Giroud lui propose une collaboration hebdomadaire dans L’Express, où il observe à bonne distance l’actualité en respirant élégamment l’air du temps.


Sempé traque les prétentions minables ou les affèteries extravagantes sans jamais condamner ceux qui lui et nous ressemblent. À côté des dessins que publient Le Figaro et le Nouvel Observateur, Sempé prend plaisir à écrire de courtes histoires qu’il illustre. En 1965, il publie Monsieur Lambert, où l’on parle de politique, de football, d’artichauts vinaigrette ou de lapin chasseur, mais surtout de « ce sang-froid nécessaire à toute opération amoureuse d’envergure »…

Revivez « Sempé en Liberté » – Ep. 2

Épisode 2 : Exercices de style – de Bordeaux à Paris

Découvrez le second épisode de la visite virtuelle qui met Sempé à l’honneur !

En 1951, Sud Ouest Dimanche publie les premiers dessins de Sempé… signés « DRO ». Renvoyé par son courtier en vins après plusieurs erreurs tragiques où, mélangeant les résultats obtenus par les alambics, il donnait à un vin médiocre des qualités de grand cru classé, il falsifie ses papiers et s’engage dans l’armée pour venir à Paris. Dès son arrivée, en 1952, il collabore à de nombreux titres avec des centaines de dessins publiés

(Ici Paris, France Dimanche, Samedi soir, Noir et Blanc, Le Rire, etc.) mais continue à travailler pour Sud Ouest Dimanche. Au delà du gag qui reste évidemment nécessaire, apparaît un regard encore flou mais déjà facétieux sur le monde qui l’entoure.

Dans Moustique, journal belge, il publie – seul – les premiers dessins du « Petit Nicolas ». En 1956, Roger Théron, passionné de dessin d’humour, lui offre l’hospitalité dans la dernière page de Paris Match aux côtés de Chaval, Bosc, et plusieurs dessinateurs américains. Le trait maladroit et impersonnel des débuts, guidé par la seule volonté obsessionnelle de faire rire, va laisser peu à peu la place à une analyse décalée et bienveillante de la société.

Les radeaux de Géricault et de Rancinan


Quand l’art sublime les tragédies contemporaines


Si l’histoire de la navigation a inspiré aux artistes des chefs d’oeuvre de gloire et de rêverie, elle n’en contient pas moins dans ses pages des épisodes dramatiques, qui se sont traduits dans l’art avec autant de beauté et de grandiose que leurs pendants heureux. Le thème du naufrage est l’un de ces lieux communs tragiques qui font de la mer un univers hostile, un lieu de passage périlleux, qui n’offre pas toujours à ses prétendants l’issue espérée.


L’espoir est pourtant présent au sein des deux oeuvres que nous nous proposons ici de comparer, si possible au-delà de leur filiation intentionnelle : l’une est Le Radeau de la Méduse de Théodore Géricault (présentée au Salon de 1819 et actuellement exposée au Musée du Louvre), l’autre, directement inspirée de la première, est Le Radeau des Illusions de Gérard Rancinan (présentée à travers le monde après la Biennale de Venise de 2017 et actuellement au Musée Mer Marine de Bordeaux).

À gauche : Le Radeau de la Méduse, Théodore Géricault, 1819, 493 x 725 cm, Paris, Musée du Louvre
À droite : Le Radeau des Illusions, Gérard Rancinan, 2017, 217 x 320 cm, collection particulière


Des thèmes d’actualité brûlants


Le Radeau de la Méduse : 137 morts dans des conditions absurdes et cruelles


Ses passagers aspirent à un futur heureux lorsque la frégate La Méduse quitte les côtes françaises le 17 juin 1816, et met le cap vers le Sénégal afin de reprendre la main sur cette colonie d’Afrique occidentale restituée récemment par l’Angleterre. Le futur gouverneur et sa famille sont à bord, accompagnés de personnels militaire, administratif mais aussi scientifique ; une soixantaine de chercheurs ont pour mission d’étudier la région nouvellement entrée dans le domaine français, et d’en vanter les qualités. Parmi eux, Henri Savigny et Alexandre Corréard, futurs rescapés du radeau, feront le récit certes partial mais détaillé de leur effroyable expérience. Théodore Géricault, qui les rencontrera et s’inspirera de leurs écrits, les représente debout, à côté du mât.

Henri Savigny et Alexandre Corréard, rescapés et témoins de premier plan de la tragédie de La Méduse


Commandant le navire, Hugues Du Roy de Chaumareys est un royaliste récemment nommé capitaine par une monarchie plus soucieuse de récompenser ses partisans que d’élever des hommes d’expérience. Louis XVIII a retrouvé le trône depuis peu, suite au retour en force manqué de Napoléon en 1815 ; il tient à valoriser ses soutiens. Et en matière de navigation, Hugues Du Roy de Chaumareys est moins renseigné qu’en fait de promotion de salon. Ignorant les conseils de ses officiers, le capitaine multiplie les erreurs et les négligences ; c’est par temps clair et mer calme que La Méduse fait naufrage le 2 juillet 1816 au large des côtes africaines, prise dans un banc de sable pourtant connu.


Quatre-cent personnes se trouvent à bord : bien plus que ne peuvent en porter les six canots de sauvetage. Après que ces derniers aient été pris d’assaut par le gouverneur, le capitaine et les officiers, les 147 laissés pour compte sont installés sur un radeau de fortune de 15 mètres sur huit, que les responsables des canots proposent de remorquer. On n’en connaîtra jamais les raisons ni les circonstances mais, deux heures après cette aimable promesse, les cordes tirant l’embarcation sont sectionnées. Le désespoir s’empare des occupants du radeau de La Méduse, tandis qu’ils regardent les canots disparaître à l’horizon.


L’aspirant de première classe Jean-Daniel Coudein, jeune homme de 22 ou 23 ans mais plus haut gradé restant sur le radeau, a pris la direction des opérations et fait dresser mât et voile. Il semble que Géricault ne l’ait pas représenté sur son tableau ; l’homme fera cependant partie des rares survivants, connaîtra une brillante carrière dans la Royale et restera dans les mémoires pour avoir été le commandant du radeau de La Méduse.


Les réserves de nourriture ayant été épuisées en à peine une journée, une lutte impitoyable s’engage entre les survivants. La convoitise se porte moins sur les quelques barriques de vin restantes – les réserves d’eau ont été emportées par les vagues -, que sur les meilleures places, au centre du radeau. En effet, les bords sont immergés, et plusieurs passagers mal installés connaissent le même destin que les provisions d’eau.


Henri Savigny et Alexandre Corréard font partie des privilégiés, principalement des officiers et des fonctionnaires, qui tiennent le centre, armes au poing. C’est sur la foi de leur seul témoignage que l’on doit imaginer la suite des événements : pris de folie ou d’excès de boisson, des mutins auraient tenté de détruire le radeau, forçant les hommes armés à éliminer près de 65 personnes. Il semble plus vraisemblable que les officiers aient trouvé un prétexte quelconque pour tuer un maximum de leurs rivaux dans la distribution de vin et d’espace. Treize autres personnes, sélectionnées par le médecin Savigny, sont jetées à la mer après de longs débats de conscience, leur fragilité physique et/ou mentale ayant été invoquée pour légitimer ce geste. Un homme noir nommé Jean- Charles, seul rescapé de condition modeste, exécute les décisions de ses nobles compagnons ; Géricault lui a offert une position privilégiée, au sommet de sa pyramide humaine, poussant certains de ses futurs commentateurs à voir en cette figure un symbole de l’élan des temps nouveaux.

Jean-Charles, homme noir de condition modeste, exécute les ordres des officiers


Quoiqu’il en soit, au bout de onze jours, seuls 15 naufragés sur 147 sont encore en vie, dérivant au milieu de l’océan Atlantique. Dès le troisième jour sont apparus des cas de cannibalisme ; les survivants les moins scrupuleux se jettent sur les cadavres et les dévorent juste après les avoir découpés. Si certains font de la résistance, tous finiront par céder à cette ignominie dans leur désir impérieux de survivre. Savigny propose même de couper les corps en fines lanières afin de les faire sécher au soleil, un fait qui alimentera sa future thèse de doctorat sur « Les effets de la faim et de la soif chez les naufragés ».


Ce n’est qu’après 13 jours de souffrances que les survivants du radeau sont finalement découverts par le brick L’Argus, qui avait été envoyé à leur recherche. Apercevant le navire à l’horizon, les naufragés craignent d’abord de ne pas être vus, et escaladent des barriques entassées pour agiter au plus haut des mouchoirs de couleur. C’est ce moment que Géricault a choisi de représenter : la minuscule silhouette de L’Argus apparaît sur la toile, à droite de Jean-Charles et de l’autre personnage qui brandit un linge. Derrière eux, des hommes plus mal en point mettent leurs dernières forces dans cet élan d’espoir, tendu vers l’horizon, où le ciel orageux s’éclaircit.

Un espoir à l’horizon


Jean-Charles et quatre autres rescapés meurent d’indigestion à bord de L’Argus et seuls dix hommes sur 147 sont finalement de retour en France. Parmi eux, Jean-Daniel Coudein, Henri Savigny et Alexandre Corréard produisent des rapports pour les autorités de la Marine ; les deux scientifiques multiplient ensuite les démarches et les écrits pour obtenir réparation, en vain.


Pendant ce temps, la presse s’est emparée avec passion du sujet ; le Journal des débats est le premier, en septembre 1816, à annoncer la nouvelle, suivi par de nombreuses gazettes françaises qui dénoncent un scandale politique. Bien que le gouvernement tente de minimiser la gravité des faits de même que son implication dans cette incompréhensible catastrophe, l’opposition s’évertue si bien à la mettre lumière que bientôt la pression populaire entraîne le limogeage du ministre et de 200 officiers de la marine.

Parmi ces derniers, Hugues Du Roy de Chaumareys, jugé en 1817, est reconnu coupable du naufrage de La Méduse et de l’abandon du radeau ; déchu de tous ses titres et condamné à trois ans de prison, il mène ensuite une vie misérable au château de Lachenaud, où la honte le poursuit jusqu’à sa mort. 


Le drame est encore vivace dans les mémoires lorsque Théodore Géricault, jeune peintre bientôt considéré comme l’un des premiers romantiques, s’en empare et l’imprime à jamais dans l’imaginaire populaire.


Le Radeau des Illusions et la crise migratoire en Europe : des milliers de morts et des millions d’espoirs déçus


Les années 2010 sont le théâtre d’un drame humain d’une ampleur difficile à évaluer : tandis que les pays d’Europe débattent sur la façon dont ils doivent gérer l’une des pires crises migratoires de l’histoire récente, des millions de réfugiés partis d’Afrique, du Moyen Orient, d’Asie du Sud et d’Europe de l’est, suivent des parcours hautement périlleux à travers les Balkans, le continent africain et la mer Méditerranée, afin de fuir des conditions de vie politiques et économiques aussi diverses qu’insupportables. Ils meurent par milliers, la plupart se noyant dans le bassin méditerranéen.


Et pour ceux qui parviennent à braver les flots et les multiples dangers de la route, le calvaire est loin d’être terminé : camps insalubres, labyrinthes administratifs, mendicité, rejets de certains habitants … les réfugiés rencontrent mille difficultés, et l’eldorado dont ils rêvaient durant leurs pérégrinations fait pâle figure.


Leur sort divise les gouvernements et occupe de nombreuses associations, qui se heurtent parfois à l’hostilité de locaux inhospitaliers, quand la presse et l’opinion publique s’enflamment dans le sens de leur intégration ou de leur renvoi.


Gérard Rancinan fait carrière dans le photojournalisme, avant de devenir l’un des photographes « plasticiens » les plus côtés du monde. Au cours de ses voyages, il rencontre nombre de déracinés qui lui font part de leurs malheurs et de leurs croyances en un monde meilleur. Ils portent des accessoires de marque contrefaits et rêvent de Paris et des États-Unis.


Sur l’horizon, là où Géricault dessine le salut incarné par la voile de L’Argus, Rancinan dispose les symboles de ces destinations rêvées où la misère des réfugiés doit prendre fin : le panneau Hollywood et la Tour Eiffel.

Portant des accessoires de marque contrefaits, des réfugiés de multiples origines aspirent à rejoindre l’Europe et les États-Unis


Les personnages de Rancinan s’appellent Mas, Bô, Afif, Fereol, Jamel, Kyung-Mi, Nadia … ils viennent d’Afrique, d’Asie, d’Europe de l’est et illustrent la diversité ethnique qui caractérise le mouvement migratoire vécu par l’Europe ces dernières années. La voile semble faite de morceaux de tissus d’origines culturelles diverses, cousus ensemble : des nappes à tonalité moyen-orientale, peut-être un faux foulard Hermès ou encore un bout de drapeau américain ?


Tous dérivent sur le Radeau des Illusions, dans un univers paré des mirages de la société moderne – le rêve américain, le luxe parisien, la réussite pétrolière, le pouvoir du dollar, le bonheur matériel -, et arborent ces objets iconiques qu’ils ont su fabriquer par eux-mêmes, comme pour montrer que cet univers leur était aussi accessible. L’un d’entre eux porte quatre montres au poignet : s’agit-il d’évoquer le marchand de rue qui peut vendre de fausses Rolex 20 euros pièce ? Ou bien cet homme a-t-il quitté son pays d’origine en entassant sur lui tous les objets de valeur qu’il possède ?

Les symboles de la société de consommation parent cet univers où rôdent les mirages de l’Occident


Quoi qu’il en soit, tous risquent leurs vies dans leur quête du paradis occidental ; ils en ignorent encore la réalité crue, et ne font qu’entrevoir le continent de désillusions qui s’étend devant eux.


En utilisant la force visuelle du Radeau de la Méduse, icône universelle de l’art, Gérard Rancinan rend hommage à ces exilés de tous horizons et dénonce un drame majeur du XXIe siècle.


Des allégories de la souffrance


Au-delà des sujets d’actualité auxquels elles font référence, ces deux oeuvres traitent le thème de la douleur à travers nombre de ses déclinaisons physiques et psychologiques.


Gérard Rancinan reprend la composition en X du tableau de Géricault, dont les diagonales créent le déséquilibre et induisent une tension. Le peintre ignore les canons classiques de son temps, qui répugnent à utiliser des obliques afin d’adopter un langage formel emprunt d’ordre et de retenue.


Depuis le sommet des deux diagonales vers les coins inférieurs des deux oeuvres, la déchéance physique et morale des personnages va crescendo, jusqu’aux corps sans vie entassés au premier plan. Ces lignes de force sont accentuées par le mouvement de la voile gonflée de vent et des vagues qui menacent la frêle embarcation, tandis que les ombres du ciel et des flots encadrent l’ensemble de leur noirceur dramatique.


Dans la continuité de la palette de Géricault, lui-même héritier du clair-obscur du Caravage, Rancinan place les corps sous un éclairage brutal, qui contraste fortement avec l’atmosphère ténébreuse de l’environnement. Leur nudité, leur vulnérabilité, le caractère misérable de leur situation n’en ressortent que davantage, tandis qu’ils se trouvent ainsi exposés à une nature hostile, dans le dénuement le plus total.


Les pâles cadavres du premier plan, dont l’intimité est à peine couverte de fins linges blancs, ne sont pas sans rappeler le corps meurtri du Christ lors de la Crucifixion ou de la Descente de Croix, scènes récurrentes de l’histoire de l’art et symboles suprêmes de souffrance et de martyrisation de la chair. L’entremêlement de ces corps nus au supplice fait par ailleurs écho à un autre thème religieux : celui des damnés condamnés à subir les tourments de l’enfer. Là aussi, l’art donne à voir des membres nus et vulnérables pris dans un chaos de corps en souffrance.

La Descente de Croix, Pierre-Paul Rubens, 1616-1617, Palais des Beaux-Arts de Lille

Les Damnés poussés aux Enfers, Frans Francken II, 1605-1610, Salzbourg, Residenzgalerie


Les naufragés de Géricault et les réfugiés de Rancinan souffrent de la soif, de la faim, de l’exil, de la peur, de blessures physiques mais aussi de diverses formes de deuil. Sur le tableau de 1819, le vieil homme assis tenant le corps de ce qui semble être son fils, est prostré, dans une attitude de profonde tristesse. Les contemporains ont vu en lui une évocation des faits de cannibalisme – que Géricault n’a osé représenter que dans ses esquisses -, sa posture de père affligé leur rappelant celle du comte Ugolin qui, enfermé avec ses enfants et petits-enfants dans une tour, finit par manger leurs cadavres. Nous y voyons également la posture iconographique de la mélancolie, incarnée dans l’histoire de l’art par un bronze antique représentant Ajax avant son suicide, ou encore par certaines représentations de Saint Jean au chevet du corps sans vie du Christ.

Figure de père soumis au deuil et au jeûne

Homme prostré

Saint Jean, représenté par Deodato di Orlando dans le dernier quart du XIIIe siècle

Ajax mélancolique, bronze du Ier siècle avant J.-C.



Ces iconographies de la souffrance et de la mélancolie conviennent bien à l’univers du Romantisme, qui tend à donner à des sujets contemporains une image dramatique à visée morale, tout en ayant recours à des couleurs et des contrastes expressifs, presque plus signifiants que le dessin. Mais si les romantiques sont en quête de réalité, la représentation de celle-ci ne se double pas nécessairement d’un réalisme formel rigoureux.


Une approche formelle entre réalisme et idéalisation


Gérard Rancinan s’inspire des figures d’exilés qui ont croisé sa route pour rendre la souffrance et les espoirs des personnages du Radeau des Illusions. Dans un studio, il fait construire un radeau de 24 mètres carrés devant une toile de fond de 12 mètres de long, afin d’y installer sa mise en scène.


De même, Théodore Géricault lit et interroge Savigny et Corréard ; il se fait construire un modèle de radeau et loue un atelier plus vaste afin de pouvoir réaliser son ambitieuse composition de près de cinq mètres sur sept. Ce nouvel espace de travail se trouve à proximité d’un hôpital ; Géricault obtient le droit d’y faire des esquisses de mourants, et même d’emporter des morceaux de cadavres afin de pouvoir en observer les différentes phases de décomposition. Toutes les informations nécessaires à un tableau hautement réaliste sont à sa disposition ; il décide néanmoins d’idéaliser tragiquement la scène afin d’en faire un rendu à la fois esthétique et « romantique ».


Si Rancinan ne renonce pas à son goût pour les corps athlétiques et sensuels, Géricault ne déroge pas non plus aux codes classiques jusqu’à sacrifier la beauté de ses protagonistes. Et sans doute cela rajoute-t-il à la splendeur tragique des deux oeuvres.


Les survivants du radeau de La Méduse racontent qu’après 13 jours à dériver sous le soleil brûlant de cette partie de l’Atlantique, sans eau ni nourriture, les corps brûlés sont couverts de plaies, les muscles ont fondu et les têtes présentent un aspect hirsute.


Pourtant, Géricault représente un Jean-Charles à la musculature énergique ; il peint des peaux blanches et lisses, tandis que les joues sont souvent rasées de près ; son ami et admirateur, le peintre Eugène Delacroix, sert même de modèle pour la réalisation du jeune homme à plat ventre, tenant une poutre au premier plan.

À gauche : Des corps idéalisés à la peau blanche et lisse // À droite : une jeunesse sacrifiée


Et le contexte météorologique du tableau est également loin de rendre justice à la réalité ; lorsque L’Argus trouve les naufragés en ce matin du 17 juillet 1816, le ciel est clair, la mer est calme et le vent souffle peu ; des conditions climatiques très éloignées de la tension tragique qui anime l’oeuvre tourmentée de Géricault.


Plus qu’une vision de la réalité, on retrouve dans Le Radeau de la Méduse l’influence de Caravage, Rubens et autres Rembrandt, les grands maîtres que Géricault admire et qu’il copie inlassablement au Louvre, couvrant son atelier de reproductions de leurs oeuvres, et ignorant la tendance néoclassique du temps qui se passionne pour l’Antiquité, la Renaissance et le XVIIe siècle français de Poussin.


Sur Le Radeau des Illusions, outre de rares exceptions dans le fond de la composition, la part belle est donnée aux anatomies idéales, dont les formes tendres et viriles sont agrémentées de piercings, de colliers pectoraux ou de spectaculaires tatouages ; en ressort une impression générale de jeunesse moderne sacrifiée sur l’autel de l’inégalité et de la société de consommation. On est face à une scène fortement théâtralisée, où les figurants sont parés de costumes et d’accessoires symboliques, dans un décor également fait de métaphores, et ce savant mélange allégorique et idéalisé parvient à fabriquer un réel d’autant plus poignant.


Attirer l’attention grâce à une approche « révolutionnaire »


Géricault ou le radeau de la gloire


Si l’on en croit ses travaux préparatoires, Théodore Géricault, au fur et à mesure de la conception de l’oeuvre, resserre le cadre autour du radeau, ignorant les principes des « marines » traditionnelles qui laissent toujours une large surface à la représentation de l’eau. Le jeune peintre souhaite renforcer la monumentalité du tableau en amenant l’embarcation au premier plan, agrandissant ainsi les personnages et accentuant la dimension pyramidale. Ce parti pris s’ajoute au choix d’un format spectaculaire (493 x 725 cm), qui convient plus généralement au style des peintures d’histoire, ces pièces maîtresses dans la carrière d’un artiste, que l’Académie place au somment de la hiérarchie des genres, et qui représentent plus volontiers des moments grandioses de l’Histoire politique, de la tradition chrétienne ou de la mythologie classique.


Mais si Géricault a opté pour le traitement colossal d’un sujet hautement populaire afin de gagner l’estime du public et du roi, les contemporains ont plutôt vu dans son oeuvre la dénonciation d’un scandale politique.


Il fait entrer son tableau au Salon de 1819 sous le titre anodin de Scène d’un naufrage. Les Salons sont des temples de l’art au service du pouvoir politique en place ; sont généralement sélectionnés des artistes qui soutiennent le régime et l’Église, afin de mettre en scène la splendeur et la prospérité de la Nation. L’oeuvre de Géricault ne correspond pas à ces pré-requis. Pourtant, elle parvient à faire son entrée dans les salles du Louvre et à être présentée au roi, dans le cadre du plus haut événement de la scène artistique de l’époque. Louis XVIII se souvient que Géricault l’a soutenu durant le bref retour de Napoléon, il s’est même engagé chez les mousquetaires du roi. Aussi le complimente-t-il ainsi :

« Vous avez peint un naufrage qui n’en sera pas un pour vous. »


Mais si le souverain cherche à apaiser les esprits, il ne se porte pas pour autant acquéreur du tableau ; Géricault en conçoit une profonde déception, ce qui plaide en faveur d’une démarche purement personnelle de recherche de reconnaissance, et exclue le pamphlet politique déguisé contre la Royauté confiant des vaisseaux à de vieux opportunistes de l’Ancien Régime, alors qu’ils n’ont pas navigué depuis des décennies.


Pourtant Géricault est un personnage haut en couleurs : il est exclu du Louvre en 1810 pour s’être battu dans la Grande Galerie ; sa famille doit étouffer le scandale de la relation amoureuse qu’il entretient avec l’épouse de l’un de ses oncles, en bannissant la jeune femme à la campagne et en abandonnant l’enfant adultérin, sous le regard apparemment indifférent de son père ; afin de se consacrer à son chef d’oeuvre, il se rase la tête, s’empêchant ainsi de sortir et d’apparaître en public pendant plus d’un an ; il provoque sans cesse des accidents à cheval, jusqu’à cette grave chute en 1824 qui lui coûte la vie, alors qu’il n’est âgé que de 32 ans.


Directeur général des musées royaux, chargé des acquisitions officielles, le comte de Forbin achète Le Radeau de La Méduse à la mort de l’artiste. Sa postérité dans l’art, la littérature et la culture populaire est considérable, de même que son impact politique, puisqu’il sera utilisé jusqu’au milieu du XXe siècle comme symbole d’opposition à un régime en place.


Rancinan ou le radeau de la révolution


Gérard Rancinan présente Le Radeau des Illusions dans un autre lieu historique de la création artistique contemporaine : la Biennale de Venise. Nous sommes en 2017, et l’Italie est en première ligne dans le périple méditerranéen des migrants vers l’Europe, ce qui provoque de graves dissensions au sein du pays – et de l’Union Européenne plus largement – quant à l’accueil qu’il convient de leur réserver.


Accompagné de son équipe et de Caroline Gaudriault – grande reportrice, écrivaine et partenaire artistique sur de nombreux projets -, Rancinan réalise une performance spectaculaire au coeur de la cité des Doges avec un Radeau des Illusions sur toile, format XXL (15 x 9 mètres) ; actionnée par un petit groupe de figurants, l’oeuvre se déploie dans l’espace, s’anime dans des mouvements de vagues et interpelle les passants.


L’exposition présentée par Gérard Rancinan et Caroline Gaudriault, à l’occasion de la 57e édition de la biennale d’art contemporain, s’intitule « Révolution », et se positionne comme un miroir des grands conflits qui divisent nos sociétés modernes. La démarche de l’artiste est ouvertement engagée, dans un monde où l’art a fait de la dénonciation un code qu’il s’agit sans cesse de renouveler et de questionner.


Par le format et le grandiose de leurs réalisations, Théodore Géricault et Gérard Rancinan portent donc au pinacle des personnages quasiment anonymes, érigés en presque martyres, et font de sujets d’actualité controversés des scènes de mythologie contemporaine. Leurs intentions, de même que l’idée que l’on se fait de la souffrance ou du beau, appartiennent à une époque, son actualité, ses codes et ses croyances, et n’auront de cesse de faire parler d’elle.


Exposer des objets directement tirés de l’histoire pour sensibiliser le public : l’exemple du Musée Mer Marine de Bordeaux


Comme souvent en histoire de l’art, le sujet peut être commenté, comparé et interprété sous différents éclairages. Mais dans la démarche qui consiste à rendre l’oeuvre et son univers accessibles au public, l’exposition en contexte muséal peut jouer un rôle supplémentaire.


La version du Radeau des Illusions présentée au Musée Mer Marine est une photographie sur Plexiglas (217 x 320 cm) montée sur un imposant socle noir. À ses côtés, l’artiste a souhaité ajouter une sorte de totem transparent contenant les accessoires utilisés lors de la mise en scène.

Les accessoires utilisés durant la réalisation de l’oeuvre sont exposés à ses côtés


Bien qu’il ne s’agisse que d’objets anodins glanés par Rancinan et son équipe, ces attributs correspondent au sens que l’image leur donne ; ils sont issus de la contrefaçon, ils évoquent un contexte culturel précis ou sont des produits de marque universellement populaires. Et à la force que leur présence dégage tandis qu’on les reconnaît sur une photographie d’art grandiose, s’ajoute le sentiment étrange de leur abandon, ou plutôt de l’absence de leurs propriétaires héroïsés. Ils sont comme des reliques, les témoins d’un drame qui s’est joué dans l’ombre du passé ; on ose presque penser aux effets personnels des victimes de camps de concentration, entassés par les Nazis sur le sol avant qu’ils n’empilent ensuite les corps dans des fosses. Dénaturés, privés de leur fonction usuelle, ces objets sont comme morts et suggèrent dans l’imaginaire du spectateur la disparition tragique de leurs propriétaires, en l’occurence les migrants en quête du paradis occidental.


Le Musée Mer Marine n’expose pas Le Radeau de la Méduse, mais dispose dans ses collections d’un objet spectaculaire ayant appartenu au fils de son commandant : un coffre de grande taille abritant la précieuse collection de coquillages constituée par Jean-Daniel Coudein, fils de l’aspirant de première classe dont le destin fut de commander pendant 13 jours le radeau le plus célèbre de l’histoire de la marine française.

Collection de coquillages constituée par Jean-Daniel Coudein (1827-1901), fils du commandant du Radeau de la Méduse et capitaine de vaisseau, Bordeaux, Musée Mer Marine


Présentant des spécimens issus de toutes les mers du globe, cette collection se répartit sur quatre niveaux de rangement composés d’environ 48 logements chacun. Elle a été conditionnée dans du coton hydrophile et documentée avec soin, chaque coquillage ou presque ayant reçu une étiquette nominative parée d’une écriture à l’encre fine.


Jean-Daniel Coudein père termine sa carrière comme major du port de Rochefort au début du Second Empire ; son fils suit la tradition familiale en faisant carrière dans la marine. Cette collection, que les Coudein se transmettent de père en fils tout comme leur vocation maritime, est un témoin émouvant de l’attachement de cette famille à la mer.


Support à un travail de mémoire autour d’une tragédie majeure de l’histoire de la navigation, elle est aussi une relique chargée d’histoire qui exerce aujourd’hui son magnétisme sur le public du Musée Mer Marine.

Revivez "Sempé en Liberté" – Ep. 1



Épisode 1 : Autoportrait – Sempé par lui même




Comme pour se moquer de lui-même, de ceux qui tentent de l’aider en lui soufflant de (mauvais) conseils et de ceux qui s’imaginent qu’il déniche ses idées dans la rue en observateur avisé, Sempé publie en 1963 dans le journal Elle et dans Paris-Match, une série de dessins qui racontent la triste condition du dessinateur d’humour.


Si vous avez loupé le teaser, c’est par ici :




Bon film !

Revisitez les expositions du MMM : Sempé


Plongez dans nos retrospectives vidéos


Après l’exposition National Geographic « Sous les Mers – Au delà de l’image », nous sommes ravis de vous présenter une retrospective de l’exposition « Sempé en Liberté » qui s’est tenue du 29 mai au 06 octobre 2019.

Cinq épisodes sont à découvrir dans les semaines à venir. En attendant, voici un petit aperçu de ce qui vous attend :


Égypte ancienne : la navigation


La navigation, au coeur de la vie et de la mort dans l’Égypte ancienne

« L’Égypte est un don du fleuve »


Axe de communication de plusieurs milliers de kilomètres, source de vie dont la crue produit l’une des terres les plus fertiles du monde, le Nil rythme la vie des Égyptiens anciens. Dans le livre II de ses Histoires, Hérodote écrit : « L’Égypte est un don du fleuve ». Il illustre de ce fait le caractère central, originel du Nil dans le développement de ce pays principalement désertique, qui ne connaît presque pas la pluie dans les temps antiques. Après la crue, les eaux se retirent et laissent un dépôt de limon fertile qui permet au monde de renaître ; la végétation pousse, dense et verte, offrant un cadre luxuriant à une faune variée, tandis que les champs produisent des quantités de ressources qui feront de l’Égypte le grenier à blé de l’Empire romain.


Le Nil est également une source de nourriture directe, foisonnant de poissons et de gibier d’eau, et se place donc symboliquement comme un principe de vie fondamental dans l’imaginaire des Égyptiens.


Le Nil leur a par ailleurs inspiré leur vision du monde et de sa création, tandis qu’à la fin de chaque inondation apparaissent ici et là des îlots de terre ; cette étendue d’eau évoque le Noun, un espace mythique représentant le néant, l’océan primordial d’avant la création du monde, duquel les sols ont émergé.


Contenant toutes les eaux de l’univers égyptien, et donc aussi les eaux fertiles de la crue et du ciel, il est considéré comme un principe de vie et de régénération. Mais selon la pensée égyptienne ancienne, le Noun se cache aussi en dehors du monde visible et le menace constamment de retomber dans le chaos, portant donc aussi en lui un concept de fin du monde.



La flotte égyptienne


Dépendant de ce rythme vital, la population égyptienne est installée aux abord du Nil, sur lequel la navigation s’est naturellement imposée comme moyen de transport et d’échange entre les nombreux bras du delta. Dès ses débuts, la batellerie est d’une grande diversité : les pêcheurs naviguent sur des embarcations en papyrus ou en bois, les fonctionnaires évoluent sur de petites barques rapides ; d’autres petits bateaux transportent le grain et le bétail, tandis que sous l’Ancien Empire (environ 2700 à 2200 avant J.-C.) les bateaux en bois de cèdre importé du Liban ou de Chypre sont réservés aux vaisseaux royaux, aux activités funéraires ou aux expéditions marchandes en haute mer.


Ces navires de transport ou de commerce prennent des formes très différentes, souvent ventrues, avec une cabine, et combinent les voiles et les rames afin de pouvoir remonter le Nil jusqu’en Nubie, voire même d’évoluer en mer Rouge et en Méditerranée (bien que les Égyptiens n’aient pas été de grands aventuriers des mers, préférant le plus souvent suivre les lignes de côtes). Ces navires aux formes et aux tonnages très divers sont entre autres confectionnés sur le chantier naval de Perou-nefer, à Memphis.


Grâce aux progrès techniques incessants de la construction navale égyptienne apparaissent bientôt le gouvernail et le mât monoxyle, tandis que le Nouvel Empire (environ 1500 à 1000 avant J.-C.) est le théâtre de la création des premiers navires de guerre. Autre preuve du savoir-faire des constructeurs égyptiens : la capacité de transport des embarcations chargées des énormes blocs de pierre destinés aux monuments. Les vaisseaux royaux, utilisés par les souverains pour visiter leur pays, ou symboliquement ensevelis avec eux, sont également des ouvrages remarquables ; en témoigne la barque découverte au pied de la pyramide de Khéops toute en bois de cèdre du Liban qui, après reconstitution, mesure près de 43 mètres de long.


Les scènes décorant les tombes et les chapelles sont de précieux témoins de l’évolution des formes et des décors dans la construction navale égyptienne. Elles nous renseignent également sur la façon dont les bateaux sont manoeuvrés, à l’image de cette reproduction d’une fresque de la tombe de Sennefer à Louxor, présentée au Musée Mer Marine.

Bateau avec équipage naviguant sur le Nil, reproduction d’une fresque de la tombe de Sennefer à Louxor, Nouvel Empire (env. 1500 à 1000 av. J.-C.) © Luisa Ricciarni / Leemage


Apparaît ici un modèle de bateau tel qu’on les réalisait sous le Nouvel Empire (environ 1500 à 1000 avant J.-C.). À l’avant, un pilote manie une perche et éclaire l’avancée du navire ; ce sondage permet de tâter le fond et d’éviter de s’échouer sur les bancs de sable, surtout en période d’étiage, lorsque le niveau des eaux est au plus bas. Propulsé par quatre rameurs, le bateau est également équipé d’une voile rectangulaire, qui peut être déployée lorsque le vent le permet. À l’arrière, un timonier se tient devant l’aviron de gouverne, qui permet de diriger l’embarcation. Naviguant sur le Nil, ce navire et son équipage reviennent d’un pèlerinage à Abydos, sur la tombe d’Osiris, dieu des morts.



La symbolique de la navigation au coeur du culte funéraire


La mythologie égyptienne fait d’Osiris l’un des premiers rois de l’Égypte, dont le règne apporte aux humains la connaissance de l’agriculture et le respect des lois. Assassiné puis démembré par son frère Seth, il est ramené à la vie par ses deux soeurs, Isis et Nephtys, qui lui redonnent son intégrité physique ; le caractère irrémédiable de la mort est ainsi réfuté, Osiris apparaît généralement dans l’iconographie comme un homme gainé dans un linceul, telle une momie, les chairs teintées de vert, couleur de la renaissance et de la fertilité. Ainsi assimilé à une notion de recommencement, il a progressivement été associé à divers phénomènes de récurrence, comme la crue du Nil ou la réapparition de la végétation. Coiffé d’une couronne, doté des insignes royaux, le sceptre et le fouet, il est l’équivalent divin du pharaon promis à la vie éternelle dans l’au-delà.

Tête du dieu Osiris, bronze, basse époque (775 à 332 avant J.-C.), collection Musée Mer Marine


Osiris est ici représenté avec Hedjet, la couronne blanche, symbole de la Haute- Égypte, et avec au bandeau frontal l’Uraeus, le cobra dressé sur sa queue et prêt à projeter son venin, qui est avant tout un insigne royal.


Mais si elle est d’abord l’apanage du souverain, la promesse de la vie après la mort, initiée par Osiris, devient rapidement accessible à tout Égyptien ayant la possibilité de se faire construire une tombe et de recevoir les rites de l’embaumement. Afin d’assurer cette survie, le défunt doit conserver son corps, vaisseau de sa pensée, de son esprit et de sa force vitale. Le processus de la momification permet la préservation de l’enveloppe charnelle ; avant d’enrober le corps de bandelettes, les viscères sont retirés et placés dans quatre récipients, les vases que nous nommons aujourd’hui « canopes », dont voici un exemple.


Vases « canopes », albâtre égyptien (calcite), collection Musée Mer Marine


À partir de la XVIIIe dynastie (1550-1292 avant J.-C.), les bouchons prennent la forme des quatre enfants d’Horus : Amsit, à tête humaine, garde le foie ; Qébehsenouf, à tête de faucon, garde les intestins ; Douamoutef, à tête de chien, garde l’estomac ; Hapy, à tête de babouin, garde les poumons. Le coeur, siège de la vie, est quant à lui laissé en place dans le corps.


Une fois le processus de momification terminé, la momie est parée d’un masque funéraire, portrait vivant du défunt, et d’amulettes, avant d’être installée dans un premier cercueil de bois, puis dans un second, qui peut être remplacé par un sarcophage de pierre.

Partie supérieure d’un sarcophage, bois peint, collection Musée Mer Marine

Ouchebti, terre cuite, collection Musée Mer Marine


Parmi les objets funéraires placés auprès de la momie, les ouchebtis sont en nombre. Statuettes funéraires destinées à remplacer le défunt dans les travaux agricoles de l’au-delà, ils sont utilisés au Moyen Empire (2033 à 1786 avant J.-C.) ainsi qu’au Nouvel Empire (environ 1500 à 1000 avant J.-C.).


Au cours de l’embaumement et de la mise au tombeau, les anciens Égyptiens répètent des pratiques religieuses et magiques qui doivent permettre l’accès à l’au- delà. Associé à Osiris et à sa renaissance, leur culte funéraire est aussi étroitement lié à la représentation qu’ils se font du cycle du soleil, qui se renouvelle chaque jour. Dans la mythologie égyptienne, le dieu solaire Rê se déplace dans le ciel à l’aide de deux barques en or, l’une pour le voyage de jour, l’autre pour le voyage de nuit. Ces barques solaires ont inspiré celle de Khéops, évoquée précédemment, qui fut donc enterrée auprès du pharaon mort. Le cycle perpétuel du lever et du coucher du soleil est associé au cycle de la vie et de la mort ; dans l’espoir de renaître éternellement, les morts s’intègrent à la course de la Barque solaire, celle du dieu Rê, à travers la nuit et le monde souterrain, jusqu’à l’horizon oriental. On retrouve également des maquettes de bateau dans les nécropoles, semblables à cette reproduction présentée au Musée Mer Marine.

Barque funéraire égyptienne, reproduction d’un modèle du Nouvel Empire (1500 à 1000 av. J.-C.), réalisée par Gérard Queheillalt, collection Musée Mer Marine


Ce type de maquette est placé dans les tombeaux afin d’accompagner le défunt dans son périple vers l’au-delà. Avant d’être placée dans sa tombe, la momie fait d’ailleurs son dernier voyage dans le monde des vivants sur un bateau, puisque le cortège doit se rendre sur la rive occidentale du Nil, où sont rassemblées la plupart des nécropoles, à l’écart des lieux d’habitations.


Et les dieux et leurs effigies ne sont pas en reste ; ils ont également adopté le moyen de transport le plus répandu dans l’Égypte ancienne à travers l’utilisation de barques processionnelles. Placées dans un petit édicule en forme de bateau, lui-même installé sur des barres de portage, les effigies des dieux alors célébrés par le calendrier du culte sont promenées et invitées à rendre des oracles. Ces édicules peuvent être placés sur de grandes embarcations lorsque le rituel nécessite d’avoir recours à une véritable navigation.


Certaines maquettes funéraires que l’on retrouve dans les tombes sont en papyrus, un matériau qui est aussi une spécificité de l’Égypte et de la vie nilotique. La tige du papyrus est d’ailleurs utilisée comme hiéroglyphe pour évoquer la verdeur et la vigueur, s’inscrivant ainsi dans ce champ thématique récurrent et vital de la fertilité. Le papyrus est utilisé pour confectionner des cordes, des nattes, des sandales, des supports d’écriture, mais aussi des embarcations. Les scènes décoratives des tombes évoquent toute la chaîne de production, de la cueillette des papyrus jusqu’à la réparation des barques.


Et cette pratique ancestrale a perduré jusqu’à nos jours !


En remontant jusqu’à la source du Nil, là où le fleuve prend le nom de Nil Bleu, on arrive jusqu’au lac Tana, dans l’actuelle Éthiopie. Des fourrés de papyrus bordent ces eaux et fournissent la matière première à la réalisation de frêles esquifs, capables de supporter de lourdes charges. Les habitants des villages alentours récoltent les papyrus et les font sécher, avant de lier solidement les tiges entre elles pour former une coque épaisse et étanche, perpétuant ainsi un savoir-faire vieux de plusieurs milliers d’années.

La Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales (VOC)


Concurrencer les puissances Ibériques

La « découverte » de l’Amérique, et plus largement l’expansion maritime des Ibériques dès la fin du XVe siècle, ouvrent la voie à des échanges commerciaux à l’échelle mondiale. Les Portugais établissent des comptoirs le long des côtes africaines, tandis que les Espagnols mettent en place des convois réguliers vers l’Amérique et les Philippines.

Se sentant lésées dans ce partage du monde ratifié par le Pape à l’occasion des Traités de Tordesillas et de Saragosse, les autres puissances européennes le contestent, notamment la France, l’Angleterre et la Hollande, que l’on nomme alors Provinces Unies. Le roi de France François Ier s’adresse ainsi à son rival Charles Quint, qui règne entre autres sur l’Espagne et sur son empire colonial :

« Le soleil luit pour moi comme pour les autres ; je voudrais bien voir la clause du testament d’Adam qui m’exclut du partage du monde ».


C’est ainsi notamment que François Ier lance l’explorateur Jacques Cartier vers le Canada. Mais l’impulsion est surtout être donnée à la création de grandes compagnies de commerce, qui vont soutenir les ambitions coloniales des rivaux des Ibériques : l’Angleterre fonde l’East India Company, les Compagnies des Indes françaises en sont un pâle équivalent, tandis que les Hollandais créent la puissante Vereenigde Oostindische Compagnie (VOC), destinée à devenir un véritable empire commercial.

Créée en 1602, la VOC est d’abord une réponse aux diverses offenses ibériques faites aux navires hollandais, qui se voient tantôt interdire l’accès aux ports lusitaniens distribuant des produits orientaux, tantôt attaqués en situation d’isolement, alors que plane également la menace pirate. Par ailleurs, les petites sociétés d’armement précédant la création de la VOC, dépourvues d’une organisation commune, ne sont pas réellement en mesure de répondre correctement à la demande des acheteurs européens ; elles risquent en effet de ramener en masse des produits au détriment d’autres, entraînant de ce fait une chute des cours, et du même coup une baisse de la rentabilité de leurs expéditions.

Après 1602, c’est donc une compagnie de marchands détenant le monopole du commerce avec l’Asie, qui organise les convois répondant à la demande européenne. Un personnel permanent est installé dans les ports asiatiques et des dizaines de navires sont réunis au sein d’une flotte dédiée, qui part à la conquête du monde.


Amsterdam au coeur de l’organisation de la VOC

Le principe des petites sociétés d’armement, préalable à la VOC, est conservé à travers une administration par « six chambres » distinctes, installées dans les principaux ports néerlandais : Amsterdam, Zélande, Delft, Rotterdam, Hoorn et Enkhuizen. Dotées du droit particulier d’armer des navires pour l’Asie, ces chambres sont néanmoins placées sous la direction général d’un conseil, les Heeren XVII, formé de représentants élus de chaque chambre.

Implantée à Amsterdam, la VOC y installe sa comptabilité ainsi que d’importants chantiers navals, qui forment bientôt ce que l’on considèrera comme la première zone industrielle du monde. Les bateaux sont réalisés à partir de plans standards, qui permettent de diviser le travail et d’en réduire les coûts.

Ce tableau d’Abraham Storck montre l’effervescence que connaît le port d’Amsterdam au XVIIe siècle :


Navires dans le port d’Amsterdam, Abraham Storck (1644-1708), collection Musée Mer Marine


Considéré comme l’un des meilleurs peintres de marine néerlandais de la deuxième moitié du XVIIe siècle avec les Van de Velde, Abraham Storck, originaire d’Amsterdam, se plaît à représenter sa ville natale. Il réalise notamment différents tableaux représentant le port d’Amsterdam, suite à la visite du Tsar de Russie Pierre le Grand en 1697. Le souverain russe noue en effet des alliances avec différents États d’Europe et observe leurs us et coutumes au cours d’un voyage de près de deux ans, à la fin du XVIIe siècle. Dissimulant son identité, il aurait travaillé comme simple ouvrier dans les chantiers navals de la VOC, puis étudié la construction navale à Amsterdam, dans le but de développer la marine de guerre russe.


Les grands voiliers représentés sur la toile portent le pavillon de la Vereenigde Oostindische Compagnie, plus précisément celui de la chambre d’Amsterdam puisqu’un « A » surmonte le sigle « VOC ». En bas à droite, une chaloupe arbore les couleurs du Tsar de Russie.


Le Batavia, ou le destin funeste d’un navire affrété par la VOC

Les lourds navires de la VOC sont résistants et capables de ramener vers l’Europe un grand nombre de marchandises, parmi lesquelles principalement des épices et des porcelaines.

Cette maquette de 2,50 mètres de long est une reproduction de l’un des navires les plus emblématiques de la VOC, le Batavia :


Le Batavia, maquette à l’échelle 1/25, collection Musée Mer Marine


Construit en 1628, le Batavia est un trois-mât armé de 30 canons, affrété par la VOC. Il porte le même nom que le comptoir de Batavia (actuelle Jakarta en Indonésie), qui est l’une des places forte de la compagnie. En plus des coffres de pièces d’or et d’argent destinés au commerce des épices, il peut embarquer plus de 300 personnes : marins, soldats, responsables commerciaux, mais aussi passagers souhaitant s’installer dans les colonies.

Il est célèbre pour avoir fait naufrage lors de son voyage inaugural, entraînant une série de conflits parmi les survivants, qui ne laisseront en vie qu’un tiers des passagers et hommes d’équipage.

En effet, les relations entre le capitaine Jacobsz et le subrécargue Pelsaert, responsable commercial qui représente les intérêts de la VOC, se détériorent progressivement au cours du voyage, au point que certains marins alliés au capitaine et à l’intendant adjoint du subrécargue, Cornelisz, envisagent sans succès une mutinerie afin de se rendre maîtres de la riche cargaison. Cependant, dans la nuit du 3 au 4 juin 1629, le navire s’échoue sur des récifs à marée haute, rendant impossible toute tentative de dégagement. Des éclaireurs partis à bord d’une chaloupe découvrent des îlots non submersibles sur lesquels sont progressivement débarqués les passagers. Certains se noient en tentant de rejoindre les bandes de terre à la nage, d’autres ne résistent pas à la soif qui sévit durant cinq jours, avant que des pluies ne permettent de reconstituer des réserves d’eau.

À bord d’une chaloupe transportant 48 personnes, Pelsaert et Jacobsz décident de rejoindre l’Australie, distante d’environ 80 kilomètres, dans l’espoir d’atteindre un port et de monter une expédition pour secourir les autres survivants.

Se nourrissant d’oiseaux de mer et d’otaries, les 208 naufragés restés sur place aménagent des campements de fortune et utilisent le bois de l’épave pour construire des embarcations qui leur permettent de visiter l’archipel.
L’adjoint Cornelisz jouit d’une certaine aura auprès des naufragés ; il est placé à la tête du conseil instauré pour diriger le groupe, selon le règlement de la VOC. Inquiet de ce que son rôle dans la mutinerie soit découvert, et conscient de la rareté des ressources élémentaires, il manoeuvre discrètement afin d’écarter du conseil les personnes demeurées fidèles à la VOC, et organise une diminution de la population de son îlot en abandonnant plusieurs dizaines de personnes sur d’autres terres qu’il sait secrètement dépourvues d’eau potable. Ces laissés pour compte tentent de se regrouper, incitant Cornelisz à les faire abattre par ses hommes et à dévoiler ses intentions, qui jusqu’ici ne s’étaient traduites que par des exécutions cachées.

S’en suit une série de conflits meurtriers, où les partisans de Cornelisz profitent de s’être préalablement appropriés les armes blanches sauvées du naufrage pour massacrer les autres groupes et forcer les femmes à se prostituer. Seule une cinquantaine de personnes parviennent à se tenir à l’écart du massacre ; elles se rassemblent au nord-ouest de l’archipel sous le commandement d’un certain Hayes. Lors d’une négociation avec le camp adverse, ce dernier parvient à capturer Cornelisz.

Cependant, Pelsaert et Jacobsz sont parvenus à rejoindre les côtes australiennes, et à pousser leur exploit jusqu’à l’île de Java, où les 48 passagers peuvent débarquer sains et saufs. Renvoyé pour secourir les rescapés du Batavia, Pelsaert ne réussit à retrouver le lieu du naufrage qu’à la mi-septembre, tandis qu’un nouveau chef tente de reprendre le camp de Cornelisz. Avec l’aide de Hayes, Pelsaert parvient à maîtriser les mutins et à procéder à leur interrogatoire.

Suite à la reconstitution du fil des événements, Cornelisz est pendu sur place le 1er octobre avec plusieurs de ses compagnons, après avoir eu les mains coupées. Plusieurs coffres de la compagnie sont récupérés et Pelsaert arrive à Batavia le 5 décembre avec les survivants du naufrage, dont certains mutins épargnés, qui sont finalement exécutés.

Selon les archives de la VOC, la perversité de Cornelisz aura causé la mort de près de 115 personnes.


Une relation unique avec le Japon

L’une des particularités de la VOC est qu’elle assure un commerce d’Inde en Inde, notamment grâce aux relations privilégiées qu’elle entretient avec le Japon. En effet, les Hollandais sont les seuls à pouvoir pénétrer le marché japonais, dans la baie de Nagasaki, tandis que les autres puissances européennes se voient refuser l’accès aux côtes nippones.

Cette entente unique apparaît dans cet ouvrage intitulé Ambassades mémorables de la Compagnie des Indes Orientales des Provinces Unies vers les Empereurs du Japon :

Ambassades mémorables de la Compagnie des Indes Orientales des Provinces Unies vers les Empereurs du Japon, Amsterdam, 1680, collection Musée Mer Marine
Ambassades mémorables de la Compagnie des Indes Orientales des Provinces Unies vers les Empereurs du Japon, Amsterdam, 1680, collection Musée Mer Marine


À grands renforts de fines illustrations, ce livre décrit les paysages, les bâtiments, l’histoire, les moeurs et les coutumes des Japonais, tels que les ambassadeurs hollandais les ont perçus au cours de leurs voyages et de leurs échanges privilégiés avec les souverains japonais.

Ce canon en bronze est un autre témoin de cette alliance exceptionnelle :

Canon de la VOC, bronze, XVIIIe siècle, collection Musée Mer Marine


Marqué du sigle de la VOC, ce canon présente par ailleurs un style japonisant, avec son extrémité en forme de tête de dragon.
Véritable État dans l’État, la VOC est investie de fonctions régaliennes dans les comptoirs établis par les Provinces-Unies (police, défense, justice) et dispose d’une véritable flotte de guerre, qui lui permet de combattre les puissances européennes adverses, ainsi que les princes autochtones.


La première société anonyme de l’histoire

Les Heeren XVII, conseil de direction générale de la VOC, supervisent les activités de la compagnie en maîtrisant les ventes, en entretenant une correspondance étroite avec les commerçants implantés en Asie, et en déterminant également le montant du dividende qui s’applique à tous les actionnaires.

Disposant dès le départ d’un capital de 6,3 millions de florins partagé en 2000 actions, la VOC surpasse largement sa concurrente anglaise et se distingue en devenant ainsi la première grande société anonyme de l’histoire. N’importe quel habitant des Provinces Unies peut souscrire, et même accéder à des fonctions de direction s’il se porte acquéreur de 10 actions. La compagnie parvient à maintenir ce capital durant des décennies et verse des dividendes très élevés à ses nombreux souscripteurs, parfois 35% à 40%, témoignant de sa grande efficacité.

Ayant pris le contrôle de nombreux territoires, la VOC dispose de comptoirs sur tous les continents du monde. Employant près de 150 000 personnes en 1788, elle fait par ailleurs voyager, entre 1602 et 1799, date de sa dissolution, plus d’un million d’Européens. On peut donc la considérer comme un facteur de premier plan dans le phénomène de mondialisation qui, par étapes historiques successives, a conduit le monde à la libre circulation des personnes, des marchandises, des capitaux, des services, des techniques et de l’information que nous connaissons aujourd’hui.

Revivez en vidéo l’exposition National Geographic – Ep. 3

David Doubilet est un pionnier de la photographie sous-marine. Grâce à lui et à d’autres, nous sommes capables de visualiser la beauté des océans.

Ce photographe dont la première photo a été publiée dans National Geographic en 1972 nous fait plonger dans son monde. Il nous montre sa perception de chaque sujet, auquel il essaye toujours de donner une vision inédite, un nouveau jour.


Épisode 3 : Ces êtres fascinants aux mille couleurs, les nudibranches

Cette fois-ci, découvrez les nudibranches, des limaces extrêmement colorées qui se fondent pourtant dans le décor ! Le photographe a réussi à recréer comme un rendez-vous en tête à tête avec ces créatures des fonds marins que nous avons le plaisir de partager avec vous aujourd’hui.



Bonne séance !


L’équipe du MMM



LETTRE DES AMIS-N°2


Chers Amis du Musée Mer Marine, 

25e jour de confinement et nous ignorons encore combien de temps cela durera. En ce temps suspendu, les initiatives sont nombreuses qui essaient de réinventer la vie différemment. 

Le musée est bien entendu fermé mais ses équipes sont toujours à l’oeuvre pour préparer les futures expositions mais aussi faire revivre celles qui ont jalonné son beau parcours depuis son ouverture. 

C’est ainsi que vous pouvez lire un très bel « article-expo » consacré à la naissance de la Marine Royale Française. 

Par ailleurs, nous souhaitons partager avec vous nos coups de coeur sous diverses rubriques que vous pourrez consulter au gré de vos envies. 

Vos idées, vos propositions,vos remarques sont les bienvenues. 

Prenez soin de vous 

Très cordialement, 

Élisabeth Vigné 

LE MOT DU FONDATEUR DU MUSEE MER MARINE 

Le 8 février dernier, l’AMMM présentait son projet devant un public venu nombreux dans le bel auditorium du Musée Mer Marine. 

Norbert FRADIN , fondateur du musée nous y accueillait chaleureusement. 

Vous pourrez içi retrouver ce qu’il disait au micro de bordeaux.tv 

LA POESIE ET LA MER 

Brise marine 

La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.

Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres

D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !

Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux

Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe Ô nuits !

ni la clarté déserte de ma lampe

Sur le vide papier que la blancheur défend

Et ni la jeune femme allaitant son enfant.

Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,

Lève l’ancre pour une exotique nature !

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,

Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !

Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,

Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages Perdus,

sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots …

Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots ! 

Stéphane Mallarmé (1842-1898), OEuvres Poétiques 

DES DIEUX ET DES HOMMES. MYTHES ET MYTHOLOGIES DE LA MER 

Chaque semaine, les amis du MMM vous invitent à découvrir les divinités et légendes de la Mer. CHALCHIUHTLICUE  Chalchiutlicue est un nom nahuatl signifiant « celle qui porte une jupe de jade ».  Divinité de la mythologie aztèque, elle est l’épouse de Tlaloc et ensemble, ils règnent sur le Tlalocan. Sous sa forme aquatique, elle est nommée Acuecucyticihuati, déesse des océans, des rivières et des autres formes de cours d’eau, ainsi que protectrice des femmes en travail.  Elle pouvait faire apparaître les ouragans et les tourbillons de vent et causer la mort par noyade.  Elle est la patronne des pêcheurs du Golfe du Mexique 

LA LITTERATURE ET LA MER 

Chaque jour, nous vous proposons, sur notre compte twitter, #UnJourUnLivre, pour vous évader par la lecture. Retrouvez ici quelques-unes de nos suggestions. 

– Le 26 mars, Olivier Chaline, La Mer et la France 

– Le 27 mars, Pierre Finot, La Mer Vénitienne 

– Le 28 mars, Patrick Villiers, Jean Bart 

– Le 31 mars, Hergé, Le Secret de la Licorne 

– Le 1 avril, Albert Jauze, Vivre à l’île Bourbon au XVIIIe siècle 

– Le 2 avril, Yann Queffelec, Le Dictionnaire amoureux de la Mer https://twitter.com/AmmmBordeaux/status/1245744430784696321 

LA MUSIQUE ET LA MER 

La mer a toujours inspiré les musiciens. 

Ici, nous vous faisons découvrir un talentueux saxophoniste, Martin TRILLAUD, jeune diplômé du conservatoire Supérieur de musique de Paris qui improvise dans le parcours du Musée. 

En cliquant sur les liens ci dessous vous découvrirez aussi les différents clips tournés Villa 88. 

SOUVENIR SOUVENIR, LA VIDÉO DU JOUR 

Le samedi 16 mars 2013 était inauguré le pont Chaban Delmas. Retrouvez grâce à Bernard Gaillard ce moment d’exception 

BALADE EN PEINTURE : LES QUAIS DE RIVE GAUCHE VUS PAR RENÉE SEILHEAN EN 1942 

En ces temps de confinement, nous sommes nombreux à être frustrés de ne pas pouvoir déambuler le long des rives de la Garonne sur les quais du port de la lune. C’est pourquoi nous vous proposerons quelques visions qu’ont eues de cette magnifique rade des peintres régionaux, ou qui ont séjourné dans notre région pour y peindre entre 1850 et 1950. 

Cette semaine nous proposons un tableau de Renée SEILHEAN. Cette bordelaise, née le 18 mars 1897, fut élève de François-Maurice ROGANEAU, à l’école des Beaux-Arts de Bordeaux où elle eut plus tard un atelier. Elle voyagea beaucoup en Italie (fréquents séjours à Venise), Espagne et Portugal. Elle rapporta de nombreux dessins à l’encre et des gouaches de ses voyages, mais fut également inspirée par le port de Bordeaux et sa région (Bassin d’Arcachon, Pyrénées, Pays Basque…). Elle est morte le 20 juin 1990 à Cadaujac après avoir vécu la plus grande partie sa vie au numéro 88 du cours de la Martinique 

Ce tableau offre une belle perspective vers l’aval de la rive gauche depuis le Quai de la Douane. 

Réalisé à la demande d’une parente du peintre pour décorer les boiseries du salon de son bel immeuble de la rue Tourat, dans le quartier des Chartrons, ce tableau présente de nombreux points d’intérêt. 

Au premier plan on remarque un voilier de trois mâts comme l’étaient majoritairement les très nombreux terre-neuvas qui ont longtemps fréquenté le port de Bordeaux pour y décharger le produit de leur pêche. Comme en attestent de nombreuses cartes postales de l’entre-deux guerres, ces morutiers étaient mouillés sur rade à proximité du pont de pierre, pour être au plus près des sécheries de morues de Bègles. Les héritiers de la propriétaire de ce tableau nous ont rapporté avoir entendu leur mère dire que le peintre avait immortalisé la présence à Bordeaux du dernier morutier à voile. Ce tableau est daté de 1942. Ces mêmes héritiers nous ont également dit qu’il était possible que Renée SEILHAN ait fait appel à son ami Jean-Théodore DUPAS, peintre, décorateur et affichiste, pour réaliser des personnages du tableau. Pourtant elle n’a pas peint que les nombreux paysages que lui inspiraient ses multiples voyages en Italie, Espagne et Portugal. Elle a aussi été remarquée pour sa peinture de portraits et de silhouettes féminines. Il est vrai que ces oeuvres sont un peu éloignées de scènes de l’activité portuaire. 

On remarque encore, toujours au premier plan, deux gabares, l’une accostée et l’autre à couple. Ces embarcations étaient autrefois utilisées pour les transports de fret entre Bordeaux, les ports de l’estuaire et ceux de la Garonne et de la Dordogne. Sur l’une d’elles, on voit une femme et un enfant. Peut-être ont-ils profité de l’escale au port pour venir embrasser le chef de famille tenu trop souvent éloigné des siens pour exercer son métier de transporteur fluvial. 

Tout en bas du tableau un marin travaille dans sa barque. Peut-être fait-il la navette entre le quai et l’allège à couple du morutier pour approvisionner en poissons séchés et salés la portanière (sur le quai au premier plan) qui est équipée d’un grand panier d’osier et discute avec un homme qui lui-même semble porter une caisse à outils ou un sac en bandoulière. 

Le coup de pinceau pour représenter ce marin fait penser au style Art déco dont Dupas fut une figure emblématique. 

Sur le quai (au-dessus du couple) on remarque un groupe de trois personnes de couleur, d’origine africaine ou antillaise. Sont-elles venues humer les senteurs dégagées par les marchandises exotiques déchargées en provenance de ces destinations lointaines, épices, fruits, rhum etc. ? (Elles sont à proximité du hangar sous-terrain qui abritait des cuves où était stocké le rhum importé par des négociants bordelais). Ou bien sont-ils en attente d’un embarquement ou au contraire de l’arrivée de parents en provenance du pays natal, comme pourrait le suggérer la tenue endimanchée de la femme ? Le port de Bordeaux qui était desservi par de très nombreuses lignes assurant la liaison avec l’outre-mer comptait d’importantes communautés issues de ces lointains territoires et les quais étaient fréquentés par nombre de leurs représentants. 

En portant son regard vers le lointain on remarque que le port est en pleine activité. Les nombreux bateaux accostés en rive gauche sont en cours de chargement ou déchargement et l’on voit que toutes les grues sont en service. 

Nous sommes à la veille de l’invasion de la zone dite libre par les Allemands, comme en atteste la présence des pylônes de l’ex-futur pont transbordeur. Celui de la rive droite est visible entre les mâts du morutier, tandis que celui de la rive gauche se confond presque avec le mât de la gabare à quai. La première pierre de ce pont a été posée par le Président Armand Fallières le 19 septembre 1910. Situé au droit du cours du Médoc, cet ouvrage était alors considéré comme devant être le plus grand du monde. Mais, en 1914 la guerre interrompt sa construction alors que seuls les deux pylônes hauts de 95 m sont achevés. En 1938, faute de financement, le maire de Bordeaux, Adrien MARQUET, abandonne le projet et le 18 août 1942, pour récupérer l’acier et empêcher que ces pylônes ne servent de repères aux bombardiers alliés, les Allemands dynamitent le pylône de la rive gauche et découpent l’autre au chalumeau. Le tableau étant daté de 1942, la scène se situe donc avant le 18 août. 

Et c’est le 11 novembre 1942 que les Allemands, à la suite du débarquement allié en Afrique du nord, envahissent la zone sud. 

Ce tableau est lumineux, vif, et le peintre a su faire partager l’impression d’agitation qui caractérisait l’activité portuaire d’alors. Il est le témoignage d’un instant unique de l’histoire millénaire de ce port qui marque une page qui se tourne : le dernier morutier à voile et la dernière image d’un grand projet de franchissement de ce grand fleuve. Déjà dépassé par l’évolution des moyens de transports cet ouvrage, s’il n’avait pas été détruit, serait devenu une pièce de musée avant même d’avoir été utile. 

Ce tableau est une huile sur contreplaqué qui mesure 146 cm X 200 cm. Il a été peint sur mesure et à la demande d’une famille bordelaise apparentée à Renée Seilhean pour décorer une pièce de son appartement. 

Merci,

La naissance de la Marine Royale Française


« La première chose qu’il faut faire est de se rendre puissant sur la mer, qui donne entrée à tous les États du monde ». 


Ce sont là les mots du Cardinal de Richelieu qui, dans la première moitié du XVIIe siècle, s’emploie à constituer la première véritable marine de guerre française.


Auparavant, les conditions ne sont pas réellement réunies. Le budget, l’administration, les navires spécialisés et les équipages ne parviennent pas à exister de manière pérenne, et la France accuse un certain retard par rapport à d’autres grandes puissances européennes. La marine hollandaise a connu un essor sans précédent, incitant l’Angleterre, également menacée par l’Espagne, à constituer une importante flotte de guerre spécialisée. Désireuse par ailleurs de pacifier les mers sillonnées par les pirates, et de protéger le commerce et ses immenses enjeux financiers, l’Angleterre aspire à dominer l’économie maritime mondiale. 


Ayant pris en main le littoral et l’ensemble des pouvoirs maritimes traditionnels, le cardinal de Richelieu dote la France de quelques galères, mais surtout de plusieurs dizaines de vaisseaux ; car au-delà du jeu politique des puissances de l’ouest de l’Europe, c’est l’évolution des techniques qui anime le développement de cette première marine de guerre. Dans une course à l’armement naval qui est d’abord affaire de technologie, le galion du XVIe siècle est progressivement oublié au profit du vaisseau de ligne, un navire de guerre à trois mâts comprenant deux ou trois ponts munis de batteries de canons.


C’est dans le contexte du siège de La Rochelle – bastion protestant soutenu par les Anglais et considéré comme une menace par le roi de France Louis XIII -, que la supériorité des escadres de voiliers va assoir l’avènement des vaisseaux de ligne, et que cette première marine de guerre française va pouvoir s’illustrer. 


Prélude à la reprise de La Rochelle, le siège de l’Île de Ré permet de chasser les soutiens anglais, qui espéraient étouffer dans le berceau cette jeune marine française. Cette reproduction d’une gravure de Jacques Callot, commandée au graveur par la mère de Louis XIII, Marie de Médicis, montre le siège de l’Île de Ré, point stratégique essentiel dans l’entreprise de soumission de la ville protestante de La Rochelle. 

Le siège de l’île de Ré, reproduction d’une gravure de Jacques Callot de 1628, collection Musée Mer Marine


Plusieurs phases du siège sont relatées sur cette composition, qui déroule la narration dans la perspective. Au premier plan à gauche apparaissent à cheval le roi Louis XIII et son frère Gaston d’Orléans, présentés comme les meneurs et les grands vainqueurs de cette épopée guerrière.


Se déploient ensuite tous les vaisseaux de la flotte française, dont il s’agit de montrer la puissance militaire. Le Cardinal de Richelieu est le grand oublié de cette composition, sans doute à cause de la haine que lui vouait Marie de Médicis, commanditaire de l’oeuvre.


Tirée en de nombreux exemplaires, cette gravure sera envoyée dans les cours et les ambassades  du monde pour glorifier la monarchie française.


Si cette jeune marine s’illustre dans divers affrontements contre les Anglais et les Espagnols, tout en étant le moteur d’une première expansion coloniale française, elle ne survit pas au cardinal de Richelieu. L’embryon de 18 vaisseaux restant en 1660 est repris par celui qui deviendra l’un des hommes les plus influents de France sous Louis XIV : Jean-Baptiste Colbert.

Buste de Colbert


Poursuivant l’oeuvre de Richelieu, Colbert lance un vaste plan d’aménagement d’arsenaux, ces lieux dédiés à la fabrication, l’armement et l’entretien des navires. Il reprend notamment le travail du cardinal dans le port de Toulon, qui s’est affirmé comme arsenal militaire dans la première moitié du XVIIe siècle. Cet embryon va prendre la dimension nécessaire aux ambitions de Louis XIV en Méditerranée sous l’impulsion de Colbert, et devenir l’une des places majeures de la marine royale française. 


Ce paravent à six feuilles peint par Joseph Michel, dit Michel de Toulon, montre le calfatage des bateaux dans le port de Toulon au XVIIIe siècle.

Calfatage des bateaux dans le port de Toulon, paravent peint par Michel de Toulon, XVIIIe siècle, collection Musée Mer Marine

Calfatage des bateaux dans le port de Toulon, paravent peint par Michel de Toulon, XVIIIe siècle, collection Musée Mer Marine


Également à l’origine de la création de l’important arsenal de Rochefort et de l’agrandissement de celui de Brest, Colbert nationalise la construction navale et fait des arsenaux les places fortes d’un extraordinaire savoir-faire, qu’il s’agit de maintenir à l’abri des tentatives d’espionnage des nations rivales. Ces espaces clos accueillent un grand foisonnement d’hommes et de métiers liés aux différents matériaux et techniques mobilisés dans le cadre de la confection des navires royaux. La Grande Réformation des forêts royales fournit le bois nécessaire à la construction de ces immenses bâtiments flottants, dont un seul peut nécessiter l’abattage de plus de 2000 chênes centenaires. Et l’institution du service des classes, unique en Europe, fournit les effectifs de marins requis pour les manoeuvrer. 


S’agissant des ambassadeurs de la puissance de Louis XIV sur les mers, les vaisseaux doivent par ailleurs être revêtus de leurs plus beaux atours. 


Dans un décret de 1678, Colbert déclare que

« l’intention du roi est qu’il soit fait, en chaque arsenal, des modèles en petit d’un vaisseau (…) et il faudra que ces modèles soient faits avec autant d’exactitude et de justesse qu’ils servent perpétuellement pour les mesures et les proportions à tous les vaisseaux qui seront construits dans l’avenir ».


C’est ainsi que sont réalisées de nombreuses maquettes d’arsenal, qui permettent de standardiser les modèles de vaisseaux, mais aussi d’étudier des projets de décors. Afin de magnifier la flotte du Roi-Soleil, les plus grands sculpteurs du temps sont mobilisés au sein des arsenaux royaux pour décorer les proues et les châteaux arrières des vaisseaux.


Cette maquette d’arsenal réalisée vers 1779 propose une ébauche de décor sur le thème de la déesse antique Cérès.

Maquette d’arsenal dite Cérès, v. 1779, collection musée mer marine


Sur l’ébauche élaborée d’une coque, ce type de maquette permet de présenter les projets de décoration aux autorités maritimes, voire même au roi, afin qu’ils donnent ou non leur aval en vue de la construction d’un véritable navire.


Ces projets peuvent également être soumis sous la forme de dessins préparatoires.

Projet d’éperon, Dessin d’arsenal, XVIIIe Siècle, collection Musée Mer Marine



Projet de décor de château arrière, Dessin d’arsenal, XVIIIe Siècle, collection Musée Mer Marine


L’un des plus beaux accomplissements des arsenaux royaux français est sans conteste le Soleil Royal, navire ainsi nommé en référence au Roi-Soleil. 


Cette maquette montre la richesse des décors réalisés par Antoine Coysevox et Pierre Puget, célébrés parmi les plus grands sculpteurs de leur temps.

Le Soleil Royal (château arrière), maquette à l’échelle 1/30, collection Musée Mer Marine


Lancé en décembre 1669, le Soleil Royal illustre l’âge d’or de la Marine Royale de Louis XIV, que l’on peut considérer comme la première flotte européenne de 1670 à 1708, avec une stabilisation autour de 120 vaisseaux. Le Soleil Royal est notamment vainqueur  des flottes anglaises et hollandaises lors de la bataille de Béveziers, sous le commandement de l’amiral de Tourville. Sa disparition lors de la défaite de La Hougue en 1692 marque un premier revers pour cette puissante flotte qui, malgré quelques grands succès économiques à la fin du XVIIe siècle, va progressivement décliner après 1708 tandis que la situation financière du royaume nécessite l’arrêt de la construction de nouveaux vaisseaux. 


Mais celle que l’on surnommera la « Royale » est née, et le secrétariat d’État de la Marine, voulu par Colbert et comportant la Marine de guerre, le commerce et les colonies, perdurera presque tout au long du XVIIIe siècle avant de devenir un ministère.

Revivez en vidéo l’exposition National Geographic – Ep.2


Episode 2 : Déambulation dans l’exposition National Géographic du Musée Mer Marine (Avril 2019)


Apprivoisez la photographie comme Paul Nicklen apprivoisa les léopards des mers.

Petits ou grands, connaisseurs ou novices, sensibles à la beauté du monde marin ou non, découvrez et appropriez-vous l’histoire derrière l’image.


Authenticité et rareté, nous sommes maintenant privilégiés et témoins de la beauté du monde qui nous entoure et de ce fait responsable de sa préservation.


La préservation, un thème qui tient à coeur au Musée Mer Marine. Ainsi l’exposition initiait parfaitement les intentions du MMM dans sa volonté de sensibiliser le public à la beauté et à la fragilité des océans, tout en replaçant l’être humain dans cette immensité qui le dépasse, à la fois dans le temps et dans l’espace.

L’exposition proposait d’abord un retour sur le tout premier reportage en couleurs réalisé par National Geographic sur le monde marin. En 1956, les photographes ont recours à des appareils de très grande taille, qu’ils doivent placer dans des caissons étanches en espérant que les ampoules des flashs n’exploseront pas sous la pression …

Les avancées technologiques ont permis la prise de photos dans des conditions parfois extrêmes, qui n’auraient pu être possible il y a encore quelques décennies. Parfois en contradiction avec l’intention de rapprocher l’homme et son environnement, la technologie nous a permis de découvrir un monde marin très peu connu du grand public.



Revivez l’exposition en vidéo National Geographic – Ep. 1


Episode 1 : l’incroyable relation de Paul Nicklen et d’une femelle léopard des mers.

 



 

L’incroyable relation d’une femelle Léopard des mers et du célèbre photographe Paul Nicklen.

 

Si vous avez loupé le teaser, c’est par ici :

 

 

 

Bon film !



Revisitez les expositions du MMM

Plongez dans nos rétrospectives vidéos.


Alors que le confinement se prolonge, L’équipe du Musée vous a préparé plusieurs épisodes et vous invite à voyager au coeur du musée à travers plusieurs expositions et évènements qui ont marqués le Musée depuis son ouverture.


On vous présente ici le teaser en vidéo de ces 3 premiers épisodes sur la magnifique exposition National Géographic.



Rendez vous les dimanches et mercredis pour des rétrospectives sur les expositions et les évènements forts du Musée.


Merci à tous, et prenez soin de vous,


L’équipe du MMM



Le Programme de Mars 2020

Samedi 14 Mars 2020

– 17H00 –

« Voyage en Italie, À la rencontre de Léonard DE VINCI »

Regard d’un architecte-photographe-écrivain, Ferrante FERRANTI, également architecte et auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’art ainsi que de récits de voyage.

Tarif : 6 € pour les adhérents ; 10€ non-adhérents

Réservation conseillée : amis@mmmbordeaux.com

Les évènements de Février 2020

Le MMM est heureux de vous présenter les évènements qu’il accueillera en ce mois de Février 2020.


SAMEDI 8 FÉVRIER


– 17H00 –


“Voyage en Mer Egée : le MONT ATHOS – La Presqu’île des Moines”


Par Jean-Pierre XIRADAKIS, figure bordelaise de la cuisine, voyageur infatigable.


Cette conférence sera suivie d’un cocktail de bienvenue dans le hall du Musée.


Conférence et soirée de présentation de la Société des Amis du Musée Mer Marine.


Entrée libre


SAMEDI 15 FÉVRIER


– 17H00 –


“Voyage dans l’histoire Bordeaux et son port, une histoire millénaire”


Par Michel FIGEAC, Professeur de l’Université de Bordeaux Montaigne et l’équipe des auteurs de l’ouvrage collectif “Histoire de BORDEAUX”.


Conférence dans le cadre de la Société des Amis du Musée Mer Marine.


Tarif : 6 € pour les adhérents ; 10€ non-adhérents

Black History Month


Pour la 3ème édition du Black History Month, le Musée Mer Marine s’associe à Mémoires & Partages en mettant à l’honneur un sport : la boxe.

Des icônes historiques aux champions actuels, en passant par les valeurs de cette discipline et son rôle incontournable dans le cinéma, l’univers de la boxe constituera le décor des manifestations prévues

Le Black History Month, c’est quoi ?


Il s’agit d’un évènement qui vise à célébrer et mettre en lumière les cultures afro-descendantes : leur pluralité, leur beauté, leur singularité.

Originaire des États-Unis et célébré depuis bientôt un siècle, le Black History Month s’est exporté au Royaume-Uni, au Canada et depuis 2018 à Bordeaux.

La Boxe comme dénominateur commun


Une image : celle de Mohammed Ali.

Il n’était pas uniquement un athlète talentueux et ambitieux, mais aussi un fervent activiste contre les ségrégations raciales dont souffrent encore aujourd’hui les Noirs et est devenu une icône globale de par ses actions contre la guerre.

Aya Cissoko, Marraine du BHM


Boxeuse et écrivaine, championne du monde amateur de boxe française en 1999 et 2003, et de boxe anglaise en 2006, Aya Cissoko est l’auteure de Danbé, coécrit avec Marie Desplechin (Calmann-Lévy, 2011), et N’ba.

Lancement du Black History Month au MMM



Samedi 1er Février à 18h


Boxe et Résistance


Échanges avec Aya CissokoJudith Perrignon et Lauranne Simpere.


La boxe a toujours représenté un art de la résistance. Incarné par Mohamed Ali, à travers son combat pour les droits civiques, ce sport a traversé les frontières raciales, sociales, politiques et de genre pour devenir une aspiration au dépassement de soi et à la relation aux autres. A travers les témoignages de deux grandes personnalités françaises, il s’agit de réfléchir à cet héritage.


Aya Cissoko, marraine du Black History Month Bordeaux 2020, est écrivaine et championne du monde de boxe. Elle a raconté son histoire dans « Danbé » Danbé, qui obtient le Grand Prix Madame Figaro.


Judith Perrignon, née en 1967, est une journaliste, écrivaine et essayiste française. Elle a publié « L’Insoumis », une enquête sur la vie de Mohamed Ali (Grasset, 2019).


Inauguration de l’exposition « Entre les cordes » de Lauranne Simpere de Douze Films – Présentée du 29 janvier au 9 février 2020.


Projection de « Danbé, la tête haute » de Bourlem Guerdjou

Le MMM accueille le FIDOM


Mais c’est quoi le FIDOM ?


Le FIDOM c’est le Festival International du Documentaire Maritime. C’est un nouveau rendez-vous autour de l’image et de l’évasion maritime qui a lieu du 23 au 26 Janvier 2020.

Cette année, le FIDOM largue ses amarres au Musée Mer Marine de Bordeaux, aux abords du bassin à flots. Un lieu d’exception où l’histoire maritime et celle des gens de mer se mêlent en une atmosphère de passion, de dévouement et de partage.

Françoise LABORDE, connue pour être journaliste écrivaine et présentatrice TV, présidera le jury du FIDOM.

Patricia LOWN est la productrice internationale du Festival.

Quelle sera la programmation ?


Ce festival exceptionnel débutera avec la diffusion du film d’ouverture le Jeudi 23 à 20h30 L’homme a mangé la Terre réalisé par Jean Robert VIALLET.

Synopsis : Exploitation des énergies fossiles, révolution industrielle, taylorisme, agriculture intensive… depuis deux siècles, le progrès et la croissance ont durablement altéré l’état de la planète. Retour sur la façon dont le monde est entré dans l’anthropocène, ère débutée quand les activités humaines ont commencé à impacter l’écosystème terrestre d’une façon significative.

Le Festival continuera avec la diffusion de plusieurs documentaires maritimes, en compétition et hors compétition du 23 au 26 Janvier 2020 au MMM.

Venez donc participer au FIDOM pour découvrir des images magnifiques et inédites sur nos mers et océans. L’entrée est gratuite alors n’attendez plus !



LE PROGRAMME



*Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Centenaire du « Titanic français » Le 9 Janvier 1920

« Sur 599 personnes, il n’y eut que 35 survivants. Ce fut l’un des plus grands drames maritimes de l’Histoire de France. »


On Lève L’encre

Le vendredi 9 janvier 1920 , après avoir appareillé à 19 heures du quai des Chartrons de Bordeaux, à destination de Dakar, le paquebot AFRIQUE aborde la mer le 10 janvier. À son bord se trouvent 599 hommes prêts à appareiller malgré une très mauvaise météo. En effet, la mer est très mauvaise et le vent souffle fort.


Qui était à bord ? 

Sur les 599 occupants du navire, 135 sont des membres de l’équipage et 282 sont des passagers serrés dans des cabines, initialement prévues pour 224. 

Parmi ces passagers il y a de nombreuses familles avec femmes et enfants dont les maris officiers, fonctionnaires ou commerçants rejoignaient leur poste en Afrique, de même qu’un groupe de dix-sept missionnaires de la Congrégation du Saint-Esprit emmené par Monseigneur Hyacinthe Jalabert, évêque de Dakar. Il y avait également, entassés dans l’entrepont, 192 soldats de l’armée coloniale, tirailleurs sénégalais pour la plupart, qui une fois leur devoir accompli rentraient chez eux.


Premier SOS 

Le 11 janvier, à 2h du matin, alors que le paquebot a réussi à passer le Verdon, le commandant LeDû est alarmé par une voie d’eau non localisée qui noie les machines. Il décide de mettre le cap sur le port de la Pallice, à La Rochelle. Mais à 7h, le navire devient difficile à manoeuvrer et commence à dériver. Le commandant émet un premier SOS. La mer est mauvaise, l’Afrique fait face à une puissante tempête  qui empêche les bateaux qui s’étaient portés à son secours de l’aborder.


La triste dérive 

Dans la nuit du 11 au 12 janvier à quelques miles entre l’île de Ré et les Sables d’Olonne, le navire, désormais incontrôlable, dérive dangereusement au milieu de la tempête.

Le commandant Le Dû, fait mettre les canots de sauvetage à l’eau et donne l’ordre d’évacuer le bateau. Mais les passagers sont effrayés par la hauteur des vagues et refusent d’embarquer se sentant plus en sécurité sur l’imposant bateau.


Un bilan dramatique 

A 3h du matin, le 12 janvier, le télégraphe de l’AFRIQUE annonce que le paquebot coule emportant avec lui ses passagers. Sur 599 personnes, il n’y eut que 35 survivants. Ce fut l’un des plus grands drames maritimes de l’Histoire de France.

Rendez-vous du 9 au 16 janvier 2020 au MMM pour découvrir l’exposition Le Mémorial des Tirailleurs Naufragés, réalisée par Karfa Sira Diallo et labellisée par la Mission 14-18.


PROGRAMME SPÉCIAL DU JEUDI 9 JANVIER 2020


18h – Musée Mer Marine : 


Inauguration de l’exposition « Le Mémorial des Tirailleurs Naufragés» – Projection – Conférence avec Nicolas Michel, auteur « Le Chant Noir des Baleines »

À vos carnets de bord

D’autres musées dans la ville

Le Paris des Arts à Bordeaux

De Vinci au Musée Mer Marine

« Culture »

Bordeaux : « Paradoxes » au Musée Mer Marine

« Bordeaux : « Paradoxes » au Musée Mer Marine »

Plus on connait, plus on aime

L’OPERATION FRANKTON

L’histoire des vaillants marins anglais qui ont sauvés le Port de Bordeaux lors de la 2nde Guerre Mondiale.


Tout commence en 1942, lorsque presque toute l’Europe vit sous l’Occupation nazie…

Winston CHURCHILL, s’inquiète du nombre grandissant de navires de l’Axe « Forceurs de blocus » qui utilisent le port de Bordeaux pour transporter des produits essentiels à l’industrie de guerre allemande et des armes à destination du Japon.

Il donne l’ordre à Lord Louis MOUNTBATTEN, chef des opérations interarmes d’intervenir. MOUNTBATTEN et Anthony EDEN (Ministre des Affaires Etrangères) s’opposent au bombardement du port par les avions de la Royal Air Force car trop de vie humaines sont en jeu.

Ils tombent donc d’accord sur une mission spéciale de commando qui va être baptisée: « Opération FRANKTON » aussi connue sous le nom : « Opération Coque de Noix » (en raison du type de kayak utilisé : Cockle Mark).

Le périple des commandos |Source : Source : http://www.c-royan.com


En quoi consiste la Mission ?

Le plan est simple : six kayaks seraient placés sous le commandement du Major HASLER, chacun manoeuvré par deux hommes et transporté non loin de l’embouchure de la Gironde par un sous-marin qui les mettrait à l’eau en effectuant son service normal de patrouille.

Ils remonteraient ensuite l’estuaire en se cachant de jour et poseraient des mines limpets (bâton d’explosif aimantés) sous la ligne de flottaison des navires qu’ils trouveraient dans le port de Bordeaux pendant la nuit.

À leur arrivée sur Bordeaux, ils abandonneraient leurs canots et essaieraient de rejoindre la ville de Ruffec en Charente, où des membres de la Résistance les attendraient afin de les rapatrier à Londres.


Que se passe-t-il réellement ?

Dans la soirée du 7 décembre 1942, le sous-marin britannique « HMS TUNA » met cinq kayaks à l’eau, au large de Montalivet (Gironde). En effet, le sixième Kayak est endommagé au moment de la mise à l’eau et ne peut donc pas participer à l’opération. Une des cinq embarcations disparaît en passant des remous, une seconde chavire également peu après, les deux membres de l’équipage du second canot sont remorqués près du rivage et sont abandonnés à leur sort.

Sous-marin HMS TUNA | Par Zimmerman, E A (Lt) Royal Navy official photographer Wikicommons

Les trois autres kayaks sont portés par la marée près du môle du Verdon et obligés de se glisser entre le môle et quatre navires ennemis à l’ancre. Peut après, l’un des trois kayaks est séparé du groupe… on ne le reverra plus.

Les deux kayaks restants: « Catfish » avec à son bord le Major HASLER et son co-équipier le Marine SPARKS et le « Crayfish » avec à son bord le Caporal LAVER et le Marine MILLS, ne peuvent naviguer que de nuit et avec une marée favorable. Il leur faut passer la journée cachés dans les broussailles de la berge.

Le 11 décembre 1942, tôt dans la matinée, ils arrivent en face de Bassens et cherchent un endroit où se cacher avant de pouvoir exécuter leur mission.

Cette nuit là vers 21h00, les deux kayaks se préparent à exécuter la dernière étape de leur mission : la pose de mines marines sur les navires ennemis.

Le « Catfish » se dirige vers les quais de la rive gauche du port de Bordeaux et réussit à fixer des mines magnétiques Limpet sur trois grand navires amarrés à cet endroit.
Le « Crayfish » reste sur Bassens et pose ses mines sur deux navires amarrés dans le môle.


Et après ?

La mission accomplie, les quatre hommes ont seulement quelques heures pour s’enfuir de la région. Il faut qu’ils détruisent leurs kayaks et effectuent le voyage à pied jusqu’à Ruffec en Charente, soit un périple pédestre de 160km en zone occupée ! (cf image ci-contre)

Ils descendent la Gironde jusqu’à Saint-Genès-de- Blaye en profitant de la marée descendante et du courant, puis coulent leurs embarcations et s’enfoncent dans les terres. Pour plus de sécurité les deux équipes se séparent.

Pendant ce temps les mines ont explosées quatre navires : le « Tannenfel » le « Dresden« , « l’Alabama » et le « Portland » qui ont été très sévèrement endommagés.

Anecdote : dans le cas du « Dresden », sous prétexte de combattre l’incendie qui se propage, les pompiers Français du port aggravent les dégâts en l’inondant afin de le faire chavirer.


Et qu’en est-il du repli des deux équipes ?

Les deux groupes entreprennent une marche de 160 km dans le froid, sous la pluie et de nuit afin d’éviter les allemands pour rejoindre Ruffec.

Le 14 décembre 1942, l’un des deux groupes, constitué du Caporal LAVER et du Marine MILLS, est repéré. Ils sont arrêtés malgré le fait qu’ils portaient leur uniforme de l’armée Britannique. Puis sont considérés comme des terroristes et non des militaires et sont fusillés en mars 1943 à Paris.

Du commando de départ composé de 10 hommes il ne reste plus que 2 survivants : Hasler et Sparks ! Et ils doivent parcourir 160 km à pied en terrain ennemi pour espérer survivre.

Après 7 jours de marche, mourant littéralement de faim et de froid, ils parviennent à Saint-Même-les- Carrières en Charente et trouvent, à partir de là, une solidarité de la Résistance Charentaise qu’ils n’espéraient pas. Ils sont pris en charge, hébergés et nourris à Saint-Preuil par la famille Pasquereau.

Hasler et Sparks atteignent enfin Ruffec le 18 décembre 1942, en fin de matinée. Ils savent seulement qu’ils doivent contacter la Résistance dans un petit hôtel de la ville. Ils arrivent à l’hôtel- Restaurant la « Toque Blanche », et prennent le risque de se faire connaître de la patronne Mme Mandinaud, aussitôt cette dernière les cache dans la cuisine, elle leur donne à manger et les rassure, ils sont au bon endroit !

Le soir venu, M. Mandinaud introduit M. MARIAUD à la « Toque Blanche » afin d’interroger les deux Anglais et s’assurer que ce sont bien des soldats Anglais et non des espions déguisés. Ceux-ci rassurés vont les conduire à l’abri avant de les faire repartir pour l’Angleterre.

Le soir même après minuit, René Flaud le boulanger de Ruffec prend en charge Hasler et Sparks et va les déposer dans le bois de Benest en Charente. Un passeur les conduit jusqu’à Marvaux, dans la ferme isolée d’Armand Dubreuille membre du réseau « Marie-Claire » (réseau d’évasion mis en place par Mary Lindell de son vrai nom).

Ruffec, Charente | Source :http://gastronomeruffec.wifeo.com/

Caché dans la ferme et ils ne sortent que la nuit pour prendre l’air, et vont devoir patienter 42 jours avant que le réseau puissent les évacuer.


Le rapatriement des survivants

Après 42 jours d’attente en Charente chez les Dubreuille, le fils de Marie Lindell, Maurice de Milleville, alors âgé de 18 ans, prend en charge Hasler et Sparks.

Ils partent tous les trois en vélo jusqu’à Roumazières où ils prennent le train jusqu’à Limoges, puis jusqu’à Lyon où les attend Marie Lindell.
A partir de Lyon ils vont être pris en charge par différentes cellules du réseau jusqu’à Perpignan, puis ils traversent les Pyrénées et arrive enfin au Consulat Britannique de Barcelone. Il seront ensuite conduit à Gibraltar d’où ils pourront repartir au pays afin de reprendre leur service actif.


Le destin des hommes du commando

Des dix hommes qui ont participés à la mission, seul le Major H.G Hasler et le Caporal William Sparks en ont réchappé.
Sur les huit autres: deux se sont noyés (Caporal Georges SHEARD et le Marine David MOFFAT).

Six ont été capturés, torturés puis fusillés:
– quatre à Paris le 23 mars 1943 : Caporal Albert LAVER et le Marine Henry MILLS, Lieutenant John MACKINNON et le Marine James Conway
– deux à Blanquefort (Gironde) le 12 décembre 1942 : Sergent Samuel Wallace et le Marine Robert EWART.


Rendez-vous au Musée Mer Marine

Nous devons perpétuer le souvenir de cette mission, souvent méconnue des français et des bordelais. En ayant lu cet article, vous ne verrez plus le port de Bordeaux de la même façon.

Le Musée Mer Marine participe à la commémoration de cet évènement par la mise en place d’une animation au sein du parcours permanent dès ce week-end.

Un destin maritime